American Nightmare : l’homme côté sombre

American_NightmareLa critique est très sévère envers le nouveau film de James DeMonaco. Est-ce le signe que l’être humain est aveugle à sa propre violence ? Car c’est bien ce que ce film cherche à montrer : au lieu d’un simple et classique feu d’artifice d’hémoglobine, qui est plutôt l’apanage des films gore sans scénario, le caractère profondément violent de notre espèce. Encore faut-il savoir lire le second degré…

American Nightmare nous montre une Amérique à la fois prospère et sûre, mais aussi sombre et inquiétante. Nous sommes en 2022, plus aucun crime ni violence ne sont recensés, le chômage est quasi inexistant et l’économie est au beau fixe. Tout les leviers sont au vert. On se croirait revenu au temps du Rêve américain. (Prédiction du réalisateur?) Mais cette sérénité nationale a un prix : la « Purge », qui rend le crime légal douze heures par an. Toute la rage, la rancune et la cruauté que chaque citoyen accumule au cours d’une année, sont déversés dans des torrents de violence une nuit par an. Imaginez un barrage céder après une longue résistance, et vous comprendrez à quel point une telle libération ne va pas sans fâcheuses conséquences.

La loi de la nature prenant donc le pas sur la civilisation, il est permis de tuer des voisins à la richesse trop clinquante. Il est surtout recommandé d’éradiquer ceux qui sont inutiles à la société : les sans-abri, les sans-emploi, les malades et les seniors. Et on a même le champ libre pour tuer par pur plaisir, même les femmes et les enfants, car vous comprendrez qu’il faut savoir profiter d’une nuit où ni la police ni les secours ne viendront vous aider.

L’animosité humaine n’est alors plus un oxymore. Pour personne. On ne peut même plus se fier à ceux qui, au temps du crime illégal, vous sourient et se dévouent. Ceux qui font vœu de s’enfermer chez eux et de ne pas y participer en attendant l’aurore, eux aussi, n’échappent pas à leurs pulsions cachées. Le film donne raison à la phrase de Hobbes : « L’homme est un loup pour l’homme ».

Au matin, voilà l’Amérique purgée. Retour à la civilisation. Plus aucun américain ne sera abattu pendant un an. C’est à la fois un rêve de l’Amérique… mais c’en est surtout le cauchemar.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *