ElysiumIl y a comme un air de déjà vu dans Elysium. Rassurez-vous, ce film n’est pas le plagiat de quelque blockbuster (quoi que le sujet soit souvent exploité). C’est simplement qu’il nous rappelle ce qu’on voyait régulièrement à la télé, entre deux sujets d’un journal télévisé, mais qu’on ne voit plus tellement c’est devenu banal.

Certes, on est transporté au milieu du XXIIème siècle : des navettes relient la terre à son orbite en un rien de temps et les forces de l’ordre sont incarnées par des robots humanoïdes. (Ça, c’est pour le côté « moderne »). Mais notre réalité actuelle, notre monde, n’est pas bien loin de cette fiction. Il y est toujours question d’ « immigration » et de « clandestinité », de travail à la chaîne et de répression ; il y a toujours (mais en pire) d’un côté les riches, d’un autre les pauvres ; d’un côté les résidences cossues, de l’autre les bidonvilles ; d’un côté la bonne santé, de l’autre la maladie. Les uns vivent à bord d’une station spatiale où il fait bon vivre ; les autres restent en bas, sur une planète surpeuplée, polluée et miséreuse. Sans oublier que l’oligarchie (Jodie Foster) y est encore plus coupée du peuple (Matt Damon). Un siècle et demi pour en arriver là.

(Je vous le disais bien : la réalité n’est pas loin !)

Ce qui se passe tous les jours entre Ceuta et Gibraltar est ici transposé à une toute autre échelle, bien plus effrayante. Le vide sidéral remplace la mer, preuve, sans doute, que les inégalités feront le grand écart si « rien n’est fait ». Voyez-y un message politique, une leçon à tous les gouvernants et PDG de notre monde.

Hasard du calendrier, le film sort au moment où l’on apprend que nous, terriens, creusons notre dette écologique : nous avons besoin d’1,5 Terre pour répondre à nos besoins. Ainsi, bien avant que d’aller coloniser Mars, les grands du monde devront avoir vu Elysium… et devront prouver qu’on peut déjouer jusqu’aux plus sombres prédictions.