Aéroport Orly

La question se pose depuis qu’une soixantaine d’élus UMP a plaidé, en 2011, en faveur de la délocalisation du deuxième aéroport parisien. Un projet qui en rappelle un autre, celui de Notre-Dame-des-Landes.

 

L’aéroport d’Orly, situé à cheval sur les départements de l’Essonne (91) et du Val de Marne (94), est dans le collimateur de certains élus locaux. Didier Gonzales (photo), maire UMP de la commune voisine de Villeneuve-le-Roi, est le plus fervent défenseur du projet. Pour répondre à la saturation imminente du deuxième aéroport parisien, il propose de « mettre en œuvre à Paris ce qui est validé pour Nantes », autrement dit une délocalisation.

En 2012, l’aéroport d’Orly a accueilli 27 millions de passagers. Afin de prévenir la saturation, le gérant Aéroports de Paris a engagé 450 millions d’euros pour la construction d’un troisième aérogare, qui servira de trait d’union entre les terminaux Sud et Ouest. Cette nouvelle infrastructure de 80 000 m² permettra d’accueillir 40 millions de passagers par an. Une cure de jouvence est aussi programmée pour cet aéroport vieillissant, inauguré en 1961 par de Gaulle.

 

Les termes du projet

Didier Gonzales

Pour Didier Gonzales, la rénovation et l’agrandissement de l’aéroport ne suffisent pas : il plaide en faveur de sa délocalisation. Il invoque les « menaces sur le cadre de vie » que provoquent, notamment, les nuisances sonores, et ce malgré le couvre-feu compris entre 23h30 et 6h. Il pointe aussi le non-respect du plafonnement des rotations (décollages et atterrissages), situé selon lui à 200 000 par an, mais dont le nombre s’élève à 233 000 l’année dernière. Or, un décret de 1994 spécifie que ce plafonnement est à hauteur de 250 000 rotations annuelles.

Il propose ainsi la reconstruction de l’aéroport d’Orly « en pleine campagne ». Il met en parallèle ce projet avec celui de Notre-Dame-des-Landes, spécifiant que « 30 000 personnes sont victimes de nuisances à Nantes contre 500 000 au sud de Paris ». Il s’inspire de l’exemple de Munich, de Londres ou de Berlin, qui prévoient chacun de déplacer un aéroport hors zone urbaine. Plusieurs villes d’accueil sont plébiscitées par les défenseurs du projet : Vatry (Marne), Beauvais (Oise), Bauvilliers (Eure-et-Loir) et… Le Havre (Seine-Maritime) ! La ville côtière, désignée comme port du Grand Paris, bénéficiera d’un accès rapide à la capitale grâce à la construction d’une ligne à grande vitesse.  


> Lire supplément au Magazine municipal de Villeneuve-le-Roi, à propos de l’aéroport d’Orly