A Lille, Manuel Valls défend le projet socialiste pour l’Europe

Manuel Valls LilleLe Premier ministre Manuel Valls a choisi la ville de Martine Aubry pour son assurer, hier soir, son premier meeting en vue des élections européennes.

Au premier rang, Martine Aubry et Jean-Christophe Cambadélis attirent particulièrement l’objectif des photographes. Calé entre l’ancienne et le nouveau Premier secrétaire du Parti Socialiste, Manuel Valls savoure les discours qui se succèdent : ceux de Gilles Pargneaux et de Jean-Louis Cottigny, députés européens et candidats à leur succession, et celui de Claude Roiron, également candidate dans la circonscription Nord-Ouest.

Ensuite, au tour des deux ténors socialistes de monter à la tribune. Les grands sujets ? La jeunesse, le pacte social et la lutte contre le Front National. « Marine Le Pen dit non à Bruxelles, mais dit oui aux indemnités de Bruxelles », ironise Jean-Christophe Cambadélis. Et de s’en prendre aussi à la majorité européenne actuelle : « 125 millions d’européens sont dans la pauvreté. Un quart d’entre eux sont des jeunes. Ce sont les conservateurs qui les y ont menés ! », lance t-il avant de conclure : « Dans dix jours, les sortants, il va falloir les sortir. Pour recréer l’espoir dans l’Europe. »

Martine Aubry explique que si Lille est si « résolument européenne », c’est non seulement par sa situation géographique, mais aussi par son histoire : « Lille n’a pas de notion de frontière. Elle a tour-à-tour été espagnole, flamande et néerlandaise ». Illustration par l’Eurométropole Lille-Courtrai-Tournai, créée en 2008 à l’initiative de son prédécesseur Pierre Mauroy. Enfin, la maire de Lille plaide pour que l’Europe applique une « rigueur nécessaire qui ne soit pas de l’austérité ».

 

> Manuel Valls et « les choix difficiles »

Manuel Valls commence son discours par un hommage à Pierre Mauroy, ancien maire de Lille… et ancien Premier ministre ! Quand il dit de son prédécesseur à Matignon qu’il a été « le Premier ministre des choix difficiles », l’audience saisit tout de suite la subtile comparaison. Idem lorsqu’il fait sienne la phrase de François Mitterrand : « Je préférerais être impopulaire que manquer à mes devoirs ».

Quand vient le moment d’évoquer l’Europe, l’émotion est palpable. « Dans quelle situation serait la Pologne ou les pays baltes s’ils n’étaient pas entrés dans l’Union Européenne ? Dans la même situation que l’Ukraine ! », s’emporte Manuel Valls, vivement applaudi par les militants. Tout en reconnaissant que l’UE souffre d’un euro trop fort, il rappelle ses projets pour l’Europe : lutte contre le dumping social, transition écologique et énergétique, gestion des frontières et de l’immigration, etc.

Manuel Valls réfute toute idée d’austérité, citant les créations de postes dans l’éducation, la police et la justice ainsi que les politiques de redistribution menées en France. Une « France [qui] ne doit pas donner l’image d’une extrême droite qui arriverait en tête ».

 

> Un meeting perturbé par des intermittents du spectacle

A peine Manuel Valls prononce t-il ses premiers mots qu’un intermittent du spectacle, au fond de la salle, l’interpelle. Quelques autres l’imitent. Ils s’opposent à l’agrément des accords Unedic décidé en mars dernier. Le Premier ministre, peu perturbé, répond au tac au tac que « c’est avec ce gouvernement que nous sauverons les intermittents du spectacle ». Et d’ajouter, en référence à Lille 2004 (ndlr : Capitale européenne de la culture) : « La culture, c’est la vie. »

D’autres intermittents, une trentaine, attendaient Manuel Valls à la sortie. Quelques perturbations ont eu lieu, nécessitant l’intervention des services de sécurité.


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