Alsaciens et Bretons ensemble contre la réforme territoriale

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Place du Président Edouard Herriot, près de l’Assemblée nationale (Paris 7e)

Cet après-midi, près de 150 manifestants étaient réunis près de l’Assemblée nationale pour protester contre la réforme territoriale. D’une seule voix, les habitants d’Alsace et de Bretagne entendaient exprimer leur hostilité vis-à-vis de la nouvelle carte des régions, définitivement adoptée mercredi par le Parlement. Signe de cette unanimité, ils ont scandé : « Alsace, Bretagne, unies contre Paris ! » Outre leurs drapeaux, chacun arborait des symboles de leur région : le bonnet rouge pour les uns, la coiffe traditionnelle alsacienne pour les autres.

Si les manifestants désapprouvent la réforme territoriale, ce n’est pas pour les mêmes motifs. Les Bretons ont réaffirmé leur souhait de voir la Bretagne réunifiée. « Nous voulons une région à cinq départements », insiste Jean-Jacques, venu spécialement de Rennes (Ille-et-Vilaine). « C’est depuis Pétain que la Loire-Atlantique est séparée de la Bretagne. Les décrets d’annulation ont été promulgués, mais l’État ne les a jamais respectés », regrette t-il. Une revendication partagée par les Parisiens d’origine bretonne, comme on pouvait le lire sur une banderole : « Les Bretons de Paris pour la Bretagne 5/5 ».

Les manifestants alsaciens refusent que leur région, « une région forte et qui a souffert », s’allie avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne. « On a des cultures totalement opposées et des spécificités que les autres régions n’ont pas », note Julien, un habitant de Colmar (Haut-Rhin). Et de citer, entre autres, le Concordat, le remboursement des soins à 90% par la Sécurité sociale et le supplément de deux jours fériés. Il explique qu’avec d’autres Alsaciens, il a saisi la Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) : « Pour changer les délimitations d’une région, il faut consulter le peuple par référendum, ce que l’État n’a pas respecté », avance t-il. « Le gouvernement est hors la loi. Le PS s’en souviendra en 2017.»

La mobilisation, fortement encadrée par les forces de l’ordre, a été circonscrite à la place du Président Edouard Herriot. Elle a officiellement pris fin à 18h30 mais, dès 15h, on pouvait voir quelques manifestants quitter le lieu avec un certain découragement. « C’est à cause des vacances qu’il n’y a pas grand monde », soupire t-on. Mais les manifestants de l’Est et de l’Ouest se le promettent : « Après les fêtes, en 2015, on continuera à se faire entendre ».

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