Les mobilisations post-attentats, un « moment d’émotion sans suite » pour 75% des Français

Photo : Peter Dejon / AP / SIPA

Photo : Peter Dejon / AP / SIPA

Une enquête réalisée par Harris Interactive pour l’Assemblée nationale, et publiée ce jeudi, dresse l’état de l’engagement citoyen et de l’appartenance républicaine des Français deux mois après les attentats qui ont touché « Charlie Hebdo » et l’Hyper Cacher. Menée en ligne du 6 au 11 mars auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes, elle sera complétée par les analyses de la Fondation pour l’innovation politique et la Fondation Jean Jaurès.

> Sentiment d’appartenance à la République

En premier lieu, cette enquête indique que le sentiment d’appartenance à la République française est partagée par neuf Français sur dix. Le respect et la défense de la loi, des valeurs de la devise républicaine – liberté, égalité, fraternité –, des Droits de l’Homme et des libertés essentielles – de presse, de conscience, de croyance, etc. – sont, pour 97% des sondés, les principaux critères d’appartenance.

Viennent ensuite les critères de maîtrise de la langue et de la culture françaises, le respect de la laïcité, l’envie de « vivre ensemble » et la participation aux élections, cités par 90% des sondés. Par ailleurs, pour la moitié (50%) des personnes interrogées, « faire partie de la République » se définit par le fait d’être « né en France ».

> Niveau d’engagement

Sur la question du niveau d’engagement des Français, l’enquête souligne deux tendances. D’un côté, deux tiers des Français se considèrent eux-mêmes comme engagés. D’un autre côté, ils sont moins nombreux (40%) à estimer que leurs concitoyens le sont. Ceux qui se disent les moins engagés sont les « personnes n’ayant pas le sentiment d’appartenance à la République » (84%).

L’enquête dresse aussi le portrait-type du Français « engagé »: il s’agit d’un électeur assidu, enthousiaste, parent d’un enfant au moins, vivant en milieu urbain et de condition sociale modeste. En revanche, les Français sont partagés sur le fait de savoir si la personne engagée est homme ou femme, jeune ou âgée, très ou peu diplômée, et d’accord ou en opposition avec la société.

Les Français reconnaissent majoritairement que l’engagement citoyen est utile, d’actualité, durable et indispensable. Il se traduit par des actions individuelles au premier rang desquels figure le tri des déchets (95%), l’acte de vote (94%) et l’aide aux proches en difficulté (91%). Les Français prônent aussi les actions collectives comme donner de l’argent à un sans-abri (70%), signer une pétition (68%) ou manifester (65%).

> Le 11-Janvier, un « moment d’émotion sans suite »

Si trois quarts (76%) des Français voient dans les mobilisations post-attentats une forme d’engagement citoyen, ils sont autant à douter de leur pérennité. En effet, pour 75% des sondés, ces événements « ne correspondent qu’à un moment d’émotion et ne vont pas avoir de suite ».

Néanmoins, les personnes interrogées estiment dans la même proportion que les attaques terroristes ont renforcé l’unité nationale et contribué à rassembler les Français, alors que 23% des sondés répondent que ces événements les ont divisés. De même, plus de la moitié des Français déclarent vouloir s’engager (53%) et se tourner davantage vers leurs proches (66%).


A lire aussi :

Jean-Marc DE JAEGER

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *