Des débats et des idées : compte-rendu du « Ramdam » d’A la Paj!

RamdamC’est le genre de journée qu’on aime voir durer. Parce que l’esprit s’aiguise dans le débat et la confrontation des idées. Samedi 28 mars, à l’occasion de « Ramdam », journée organisée par l’association A la PAJ!, près d’une cinquantaine de jeunes Nordistes se sont réunis pour discuter notamment de citoyenneté, d’engagement et d’Europe.

> Le vote, un acte citoyen à enseigner

Le matin, le débat auquel j’ai participé portait sur le vote (« Comment et pourquoi voter ? »). Même si certains ne sont pas encore en âge de voter, tous sont d’avis que le vote est un devoir et un acte citoyens. Beaucoup regrettent que l’abstention soit élevée chez les (autres) jeunes et lors des élections intermédiaires. L’éducation, voilà ce qui manque ! Les jeunes proposent de mieux enseigner les enjeux du vote à l’école, au collège et au lycée. Pour cela, l’« éducation civique » existe, mais tous reconnaissent qu’elle n’enseigne pas grand chose et que l’organisation de cette « matière » dépend, au final, du bon vouloir de l’enseignant. L’intervention d’un non-enseignant spécialisé dans la citoyenneté est largement plébiscitée.

Deux autres questions ont soulevé le débat : le droit de vote dès 16 ans et le vote obligatoire. Sur la première question, les personnes favorables ont rappelé que les nouvelles générations sont davantage informées que les anciennes, et qu’elles sont donc plus capables de se forger leur opinion et d’avoir un regard sur la société. Les personnes défavorables estiment au contraire que les jeunes, à 16 ans (« et même à 18 ans »), sont encore trop influençables, notamment si leurs parents sont politiquement marqués. Quant au vote obligatoire, il recueille un avis favorable : tous reconnaissent qu’il favoriserait la cohésion sociale, à condition que le vote blanc soit pris en compte. Cependant, ils sont partagés sur le fait de faire de l’abstention un délit : le vote obligatoire, oui, mais sans amende !

Entre deux débats, rien de tel que de réaffirmer l'une des causes que l'on défend.

Entre deux débats, rien de tel que de réaffirmer l’une des causes que l’on défend.

> Une Europe à promouvoir

L’après-midi, cap sur l’Europe ! Comme pour le débat du matin, les jeunes regrettent un manque d’information. Sans remettre en cause les opportunités qu’offre l’Europe (mobilité, études, marché commun, etc.), ils s’estiment peu informés de ce qui se passe chez nos voisins. « Quand on parle d’Europe, on ne parle que d’économie », note une débatteuse.

Plusieurs propositions ont émané du débat : créer un journal gratuit où l’on serait tenu informé des actualités européennes (l’équivalent du Taurillon.org en papier), conserver les aides sociales françaises si l’on est amené à travailler temporairement en Europe, rendre plus visibles les « guichets européens » qui existent dans nos grandes villes ou encore promouvoir davantage la fête de l’Europe (9 mai). Certains proposent même d’organiser un festival européen où la diversité des cultures serait représentée.

Dessin de Christian Antonelli paru dans le "Marianne" du 27 novembre 2004.

Dessin de Christian Antonelli paru dans le « Marianne » du 27 novembre 2004.

> Liberté d’expression : l’épineuse question de la religion

Le troisième et dernier débat auquel j’ai participé portait sur la liberté d’expression. Mes affinités avec le sujet m’y ont naturellement amené ! Le dessinateur Christian Antonelli (dit Anto), qui a bien connu les dessinateurs historiques de Charlie Hebdo, a ouvert le débat en présentant l’un de ses dessins paru en 2004 dans Marianne. Sarkozy y est représenté en Napoléon et, preuve de ses hautes ambitions, sa tête est coiffée d’un chapeau représentant l’Elysée. Le tout à côté du titre évocateur « Sarkozy est-il fou ? ». Christian Antonelli a rappelé que cette caricature a été reprise non seulement par l’opposition socialiste, mais aussi par le camp sarkozyste. Preuve qu’un même dessin est ouvert à toutes les interprétations possibles !

Dès que la question de la religion a été posée – car il fallait inévitablement passer par-là –, le débat a pris une tournure que je regrette. Cet aspect en a occulté d’autres, comme la presse ou sa situation dans le monde. Nombre d’intervenants ont notamment estimé que les caricatures religieuses, comme celles de Mahomet, n’étaient que de la « provocation gratuite ». « Voir le Pape en train de se faire enculer, désolé, je ne trouve pas ça drôle », a commenté un débatteur.

 

Plusieurs animations ont clôturé cette journée riche en débats. Outre une restitution théâtrale de tout ce qui s’est dit, les participants ont pu écouter quelques notes de jazz avant de s’en aller… à quelques heures de l’appel des urnes.


Jean-Marc DE JAEGER

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