Lettre à Radio France : « Vous nous avez manqué ! »

Maison de la radioOn dit beaucoup de bien du silence : qu’il est d’or, notamment. Pour ma part, si je devais qualifier le vôtre, je dirais qu’il a été intenable. Un mois que nous vivions sans vous ! Certes oui, vos playlists nous ont été d’un réconfort certain : c’est comme si toutes vos antennes s’étaient branchées sur votre pépite, FIP l’éclectique. Mais tout cela manquait de présence humaine, ne trouvez-vous pas ?

Je sais à présent ce qu’ont dû ressentir les Grecs en juin 2013 quand leur télévision publique a soudainement cessé d’émettre. Ou comment un black-out en lieu et place des « programmes habituels » peut instiller chez les citoyens en sentiment d’abandon. Eh oui, pendant pendant un mois, nous avons été orphelins du service public, sans voix pour nous informer, cultiver et distraire. Nos pauvres voisins grecs vivent ainsi depuis… deux ans.

Heureusement, votre grève historique s’est produite à l’ère du numérique et de l’infobésité, si bien qu’il était permis d’aller voir ailleurs. Nul doute qu’une ou deux décennies plus tôt, l’extinction de la voix de la France aurait eu le même effet qu’une panne d’électricité à l’échelle nationale.

Quel plaisir de vous entendre de nouveau ! C’est que… vous nous avez manqué, voyez-vous ! Je peux enfin suivre le cours du monde minute par minute en restant branché sur France Info. Je peux enfin prendre mon pied et faire plaisir à ma curiosité en savourant les suavités sonores de France Culture. Et si je dis tout cela, ce n’est pas au détriment des radios privées : de ce point de vue, j’ai toujours manqué de fidélité.

Mon grand regret, outre celui de ne pas travailler chez vous, est de ne pas être le contributeur de toute votre machine. Je ne contribue pas car je ne suis pas contribuable. Sans téléviseur, point de redevance audiovisuelle. J’abuse de vous comme j’abuse de France Télévisions, car j’ai la fâcheuse idée de consommer l’audiovisuel public sur d’autres écrans. Mais sachez ô combien est grand le soutien que j’apporte à vos employés. Ils ont conscience de travailler dans un lieu unique. Eux comme les auditeurs ont perçu le péril qui guettait (guette?) l’un des plus beaux exemples de l’exception culturelle française.

Les revendications des uns et l’attachement des autres doivent plus que jamais être entendus. Gare à ce qu’ils ne soient pas mis… en sourdine.

Jean-Marc, un auditeur radiofrancophile

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