Immobilier : Royan, la Côte de Beauté ne bat pas en retraite

SERIE D’ETE – A mi-chemin entre La Rochelle et Bordeaux, la station balnéaire de la Charente-Maritime voit son marché se stabiliser. Si la demande en centre-ville et en bord de mer ne faiblit pas, les biens vraiment adaptés à la clientèle de retraités se font rares.

« Après un gros ralentissement depuis 2012, le marché a connu un beau printemps 2015 », se réjouit Sébastien Duval, directeur de l’agence Guy Hoquet. « Le marché est actif mais sait se montrer capricieux et difficile », note pour sa part Carole Bouron de Square Habitat. Sur les douze derniers moins, les prix ont baissé de 1,8 % selon MeilleursAgents. Au 1er août 2015, le mètre carré se négocie en moyenne 2.637 €, tous types de biens confondus. Le marché royannais est principalement dynamisé par les retraités (deux tiers de la clientèle) et les résidents du Grand Ouest et de Paris, tandis les primo-accédants et les acquéreurs étrangers sont l’exception.

L’accessibilité comme impératif

« La demande n’est pas en adéquation avec l’offre », constate Elise Tentenier, directrice de l’agence Century 21 Grand Large. D’une part, les biens répondant aux besoins des retraités et préretraités se vendent rapidement du fait de leur rareté. Ces logements, en plus de disposer d’un ascenseur, d’un parking et d’un balcon, doivent être situés en centre-ville et au plus près de l’une des cinq plages de Royan.

D’autre part, les biens non adaptés, comme les maisons avec lieu de vie à l’étage ou les copropriétés sans ascenseur, ont plus de mal à séduire. Ces types d’habitat sont nombreux dans un parc immobilier en grande partie reconstruit dans les années 50, après les dégâts occasionnés par la guerre. « Un appartement de 44 m², avec terrasse et parking, proche de la plage, s’est vendu 136.000 € en un mois. Un autre appartement, de 60 m², encore plus proche du littoral, s’est vendu au même prix car il ne disposait ni d’ascenseur ni de parking », détaille Sébastien Duval. Ce qui explique, comme l’indique Elise Tentenier, que certaines maisons ont été divisées en copropriétés avec appartement à l’étage et maison au rez-de-chaussée. Autres logements à ne pas avoir la faveur des acquéreurs : les petites surfaces. Les appartements se vendent bien à partir deux-pièces. En revanche, les studios et les T1 partent très difficilement car ils ne répondent pas aux besoins d’une clientèle de retraités.

Des prix en baisse à l’approche de la « Rocade »

Sans surprise, la façade de mer suscite la convoitise autant qu’elle fait flamber les prix. Dans le neuf, compter en moyenne 6.000 € le m². Square Habitat met actuellement en vente une villa typique de la fin du XIXe siècle située boulevard Garnier, l’équivalant royannais de la promenade des Anglais de Nice . D’une superficie de 284 m² sur terrain de 858 m², elle est proposée à la vente depuis trois mois au prix de 1,42 million d’euros. Sur ce même boulevard, Century 21 a conclu la vente d’un appartement de 34 m² avec balcon et vue mer refait par un architecte. Prix :166.000 €. Quant aux autres plages de Royan (Pontaillac, Pigeonnier, Le Chay, Faucillon), elles se distinguent uniquement par leur ambiance plus confidentielle, mais leurs prix restent les mêmes. Dans le quartier résidentiel de Pontaillac, l’agence Immocéan met actuellement en vente un trois-pièces de 88 m² avec balcon au-dessus de la mer au prix de 687.000 €, soit 7.800 € le mètre carré.

Un peu en retrait du littoral, dans les quartiers du Parc, du Fief, de Maisonfort ou de Saint-Pierre, les appartements et maisons individuelles sont légion, avec des prix bien moins conséquents (2.500 € le m² à Maisonfort). Au-delà de la rocade, dans les quartiers dits « extérieurs », les terrains à bâtir se multiplient. On y trouve un parc immobilier récent composé en grande partie de maisons individuelles. Dans le quartier du Fief, une maison de 98 m² sur terrain de 400 m² proposée 300.000 € a été vendue 240.000 €, soit 2.700 € le mètre carré. « Les primo-accédants s’installent rarement à Royan car le marché reste cher. Les villes voisines de Médis ou de Saint-Sulpice-de-Royan leur sont plus accessibles. S’excentrer se traduit par une sacrée décote », commente Elise Tentenier.

Côté location à l’année, « il y a un vrai manque de produits locatifs, alors même que certains retraités veulent louer plutôt qu’acheter », remarque Carole Bouron. Néanmoins, la location saisonnière se porte bien dans une ville qui voit sa population tripler en haute saison : « Les biens particuliers ou atypiques sont réservés longtemps à l’avance tandis que les biens plus standards ont tendance à se louer à la dernière minute », explique Sébastien Duval. Ainsi, dans le quartier du Parc, un appartement de 60 m² vue mer est proposé à la location par l’Agence du Parc : compter entre 500 et 900 € la semaine.

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