La fatigue des yeux, nouveau mal du siècle

Contrairement à Alex DeLarge dans "Orange Mécanique", ne restez pas toujours les yeux grands ouverts devant votre écran.

Contrairement à Alex DeLarge dans « Orange Mécanique », ne restez pas toujours les yeux grands ouverts devant votre écran.

Où l’on remarque que les écrans changent notre manière de voir.

« Vous avez les yeux explosés. » Si vous passez trop de temps à lire cet article, ou plus généralement à gambader sur internet, c’est ce que risque de vous dire, à vous aussi, votre orthoptiste. J’ignore combien il y en a en France, mais je sens qu’il va nous en manquer dans les prochaines années, quand les générations encore plus jeunes auront subi leur overdose d’écran et de lumière artificielle.

Commençons par le commencement. Voilà bien un an que je me plains de sensations vertigineuses, qui font que j’ai l’impression d’être bourré à toute heure du jour, même au réveil, alors que je suis parfaitement à jeun. Dans la rue, je ne suis jamais loin d’entrer en collision avec un piéton because « la tête tourne » ! Vous devinerez l’appréhension que je ressens avant chaque jogging ou balade en vélo…

Dépendance à l’écran

Je me crus d’abord atteint par le vertige de l’amour, ce qui n’était pas impossible car… enfin voilà quoi, vous aurez compris. Mais au terme d’un marathon médical et d’une batterie de bilans en tout genre, qui ont contribué à agrandir le trou de la Sécu, on me diagnostiqua « simplement » un problème de fatigue visuelle et de convergence des yeux… à cause de ces satanés écrans.

On me demanda à partir de quand ces vertiges s’étaient manifestés. Je répondis que c’était « quelques mois après avoir commencé à travailler ». Mon orthoptiste ne fut guère étonnée. En gros, elle a dit que j’avais pris l’habitude de concentrer mon regard sur un endroit, en l’occurrence l’écran, et que mon regard était déréglé dès que je n’y étais plus (si ce n’est pas un signe de dépendance…).

« Vous sentez-vous toujours fatigué ? » : je répondis de nouveau par l’affirmative, précisant que je dors bien, que je fais un sport tous les deux jours, que j’ai une bonne hygiène de vie, etc. Tout s’explique ! Ce n’était pas le cœur, ni les nerfs, ni l’oreille interne, ni quoi que ce soit d’autre (tous mes organes pètent la forme) : c’était simplement à cause de ces satanés écrans, nouvel opium du peuple post-moderne.

Les risques du métier

Or donc, ces problèmes de convergence oculaire semblent faire partie des grands maux du siècle avec la nomophobie (la peur de perdre son téléphone) et la fomophobie (la peur de rater une info importante). Nous, générations Y et Z, nous n’avons pas conscience de ce que nous font subir nos appareils à écran. Nous sommes les premières générations à être scotchées du matin au soir, et parfois même la nuit, devant plusieurs écrans. Certaines professions sont plus à plaindre : je me demande comment s’en sortent les traders de la haute finance et tous ceux dont le métier est 100% numérique.

Quoi qu’on dise des capacités humaines à s’adapter, on ignore pour le moment les conséquences sur le long terme de cette addiction. Ce n’est probablement pas un hasard si de plus en plus de gens portent des lunettes ou des lentilles. Plus tard, le monde sera fait de taupes.

Faites de l’exercice !

Mon orthoptiste me conseilla évidemment de limiter l’utilisation d’écrans le soir après le travail. Ce que je fais déjà, préférant l’écoute de la radio et de podcast et préférant promener mon regard sur les pages d’un livre sur fond de musique jazz ou électronique. Elle suggéra de faire plusieurs pauses de quelques minutes dans la journée pour « libérer le regard » : je ne manquerai pas de le faire, car je tiens à mes yeux… comme à leur prunelle.

Et elle m’a prescrit des séances de gymnastique, mais attention, pas la gymnastique que vous croyez, genre Gym Tonic, mais de la gymnastique des yeux, voilà tout. Et elle m’a assuré que les effets disparaissaient généralement au bout de la troisième séance. Ce que votre auteur a à vous conseiller, ce n’est pas de vous détacher de vos écrans, ce qui risque de compromettre votre carrière et de couler l’économie tertiaire. Il faut, voyez-vous, ne pas refuser ces exercices de rééducation sous prétexte que vous n’avez ni le temps ni le courage. Si vous avez une mutuelle, il ne vous en coûtera rien. C’est un petit sacrifice qui vous épargnera moult complications lorsque vous n’aurez plus toute votre jeunesse.

Au revoir à vous. Je ne m’attarderai pas plus longtemps devant mon écran à écrire cet article… pour les raisons que vous connaissez maintenant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *