De Paris à Bruxelles, voyagez debout pour voyager moins cher

TGV, train, Thalys, Izy, Bruxelles, Paris, SNCF, voyage, low-cost

Méfiez-vous des apparences : ce TGV ne roule pas à grande vitesse.

VOYAGE – J’ai rejoint Paris depuis Bruxelles à bord d’un train Izy, qui propose des places dès 10 euros… sans garantie de place assise.

Comme à mon habitude, l’envie m’a pris de passer d’une capitale à une autre. C’est ainsi que le week-end dernier, j’ai rendu visite à nos voisins belges. L’aller vers Bruxelles s’est fait à bord d’un « autocar Macron » emprunté nuitamment afin d’arriver au petit matin. Mais le retour, je l’ai effectué à bord d’un mode de transport nouveau : Izy. J’ai de nouveau réussi cet exploit, devenu quasiment un objectif, de ne payer que 10 euros pour un voyage longue distance.

Lorsque j’ai acheté mon billet, il y a deux mois, quatre prix m’étaient proposés : 29€ pour une place standard XL, 19€ pour une place standard, 15€ pour un strapontin et 10€ pour un « siège non garanti ». Par malice plutôt que par radinerie, j’ai choisi cette dernière place car, friand d’aventure, j’étais prêt à me taper 2h30 en station debout. Après tout, c’est le quotidien de certains banlieusards, n’est-ce pas !

Une sécurité low-cost

Départ est donc donné dimanche soir à 20h31 à Bruxelles-Midi. Un TGV, sapé de vert pomme et de violet, m’attend au quai 17. Je suis d’abord surpris de voir que la sécurité est tout aussi low-cost que les prix. A l’entrée du quai puis du train, nul besoin de présenter une pièce d’identité ni de franchir un portique de sécurité. Pour monter à bord, seul le billet suffit. Étonnant, sachant que le trajet entre Paris et Bruxelles est particulièrement surveillé depuis les derniers attentats, surtout depuis la tentative d’attentat à bord d’un Thalys. Le Thalys qui, notons-le, fait l’objet d’un contrôle bien plus strict, avec embarquement et contrôle d’identité et de sécurité au départ.

Qu’importent ces considérations, je monte dans la voiture 5 à l’entrée de laquelle un agent contrôle les billets. Ce premier voyage à bord d’Izy commence par un retard de trente minutes, imputable à l’arrivée tardive du chef de train (la SNCB étant plus ponctuelle, il s’agissait sans doute d’un chef de train français). Ce qui fait durer l’amusante aventure qui va suivre.

La place du pauvre : un strapontin.

Départ à 21h, donc. Fort heureusement, le train n’était pas rempli à 100%. Au départ du train, le contrôleur m’informe : « Vous pouvez vous asseoir sur n’importe quel siège libre, sauf en 1ère classe. » Je choisis le strapontin n°154 de la voiture 5 tandis que beaucoup d’autres voyageurs à 10€ choisirent de rester debout dans la voiture bar, où des appui-fesses sont installés… comme dans les transports urbains. J’étais plutôt posey jusqu’à ce qu’un autre voyageur eut la bonne idée de s’asseoir sur le strapontin face à moi. Il n’y avait pas assez de place pour deux paires jambes. Aussi nous sommes-nous assis de travers, les jambes sur le côté, le dos hors du dossier. Me vint alors l’idée que, décidément, voyager comme un pauvre est tout un art.

Un TGV à petite vitesse

Là, je compris aussi que la « troisième classe » n’avait pas totalement disparu. Qu’il y aurait toujours à bord d’un même véhicule des privilégiés et des moins bien lotis. Il y avait comme un petit air de moquerie entre les voyageurs confortablement assis et ceux restés debout. Je me suis venu qu’après tout, voyager debout pour voyager moins cher est une idée qui a déjà fait son chemin (de fer!). Dans sa provocation habituelle, le patron de Ryanair avait balancé l’idée de créer des places debout dans ses avions. Car voyez-vous, sur terre ou dans les airs, la verticalité a du bon.

L’amusant, c’est qu’Izy, aménagé dans un TGV, n’emprunte pas des voies à grande vitesse sur l’ensemble de son parcours. Mon train a ainsi roulé à toute biture pendant près de 45 minutes dès sa sortie de la gare du Midi. Mais arrivé du côté d’Arras, le train a emprunté des voies classiques jusqu’à Paris, because cela leur coûte moins cher. C’est comme vous rouliez tranquillement sur une autoroute et que, subitement, vous bifurquiez sur une route départementale pour ne pas payer les péages. La rapidité a un prix. Et le low-cost ne manque pas de créativité.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *