« Tu n’as pas internet chez toi ? Mais comment fais-tu pour vivre ?! »

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Les box internet n’ont plus grand intérêt à l’heure où l’on peut se connecter de partout. ©Unsplash/Pixabay/CC0 Public Domain

Où l’on voit qu’internet bouffe notre vie.

Bien curieux énergumène que votre auteur. En plus d’aimer dormir dans les aéroports et barouder partout pour pas cher, je me paie le luxe de ne pas avoir internet chez moi. Par les temps qui courent, cela revient à dire que l’on vit sans électricité ou eau courante. Car internet, « c’est vital« , n’est-ce pas !

Or donc, quand je révèle que je n’ai pas internet dans ma chambre de bonne, je dois souvent fournir des explications quant à ce choix délibéré. On me regarde comme le “gars” de la chanson de Pierre Vassiliu. Un mec de la génération Y, dont le métier est de suivre en permanence la marche du monde, de surcroît technophile, qui vit sans box Internet, en 2016… Il y a quelque chose de louche. Ce gars cache forcément quelque chose.

Santé, économies et distraction

C’est que, voyez-vous, ne pas souscrire à un abonnement internet procure moult bénéfices, et je m’accommode très bien des désavantages collatéraux. Le premier bénéfice est d’ordre économique. Sans internet, je fais l’économie d’un abonnement mensuel de 20 à 30€. A l’échelle d’une année, cela représente environ 300€. Dieu sait ce que je peux faire avec cette somme, tout malin que je suis. 300€, c’est le prix de deux week-end en Europe ou encore trois mois de budget alimentation. 

L’autre bénéfice est intellectuel. Sans internet, je n’ai pas la tentation de passer des soirées à mater des vidéos à m’attarder devant Netflix. Vous savez bien que la fatigue mène à la paresse : en rentrant du boulot, éreinté, on est enclin à se détendre dans son lit et à se laisser aller. N’ayant donc pas le choix (tentation!), je profite de ces soirées “coupé du monde” pour vaquer à d’autres occupations, voilà tout.

On rejoint un autre problème, et non des moindres : internet est addictif et rend sédentaire. C’est pourquoi en vivant sans, j’ai l’impression de ralentir la marche du monde, voire et de me soustraire d’un flux d’information aliénant. Parfaitement. Avant que chaque foyer ne s’équipe d’une box internet, on savait très bien occuper ses soirées et ses week-end. C’est le moment idéal pour bouquiner, rédiger des chroniques ou encore écouter de la musique et des émissions radiophoniques. Cela nous laisse le temps de visiter des expositions nocturnes, de faire son jogging, d’aller au cinéma ou de trinquer avec ses amis.

Internet sur soi, non chez soi

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A force d’être trop connecté, on devient un légume. ©Alexas_Fotos/PixabaY/CC0 Public Domain

En plus de permettre des économies et d’éviter l’abrutissement, dis-je, vivre sans internet chez soi est bon pour la santé. Quand on a passé toute sa journée à se niquer les yeux devant un écran, on n’espère plus qu’une chose : les laisser en paix. Fixer un écran du matin au soir par obligation professionnelle est nocif pour la vue (lumière bleue) et pour leur convergence. On n’a plus envie de rester assis, immobile sur une chaise : on saisit au contraire toutes les occasions de bouger et d’offrir à sa vue autre chose qu’un monde pixelisé.

Certes, « mais comment fais-tu quand tu as des démarches importantes à faire » ? (C’est une question qui m’étonne à l’heure où internet est de plus en plus nomade.) Eh bien je répondrais : le smartphone, pardi ! Avec mes 20 Go mensuels et la 4G illimitée le week-end, je m’estime bien loti, voyez-vous, suffisamment pour couvrir mes besoins numériques de base. C’est aussi oublier qu’on peut s’accorder cinq minutes au bureau pour régler vite fait une affaire ou s’occuper de ses démarches administratives. Il ne vous aura pas échappé que l’internet mobile est tellement répandu qu’un jour, les box reliées au réseau par le câble ou la fibre n’auront plus raison d’être. La preuve avec la box internet 4G dévoilée récemment par Bouygues Telecom.

Jouir du monde réel

Ces explications peuvent surprendre de la bouche d’un technophile et d’un partisan (modéré) de la révolution numérique. C’est simplement qu’il faut imposer certaines limites aux choses – sinon c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres. Faut pas abuser, quoi. A un moment, il faut savoir céder à l’injonction de France Gall : « Débranche ! Débranche tout ! Revenons à nous ».

A force d’être constamment connecté et de fermer les yeux sur le monde environnant, on ne trouve plus le temps pour faire du sport, aller au cinéma, peindre, faire l’amour ou visiter une exposition. Et après, on ose se plaindre d’avoir mal à la tête, les yeux qui piquent et du gras plein le lard. Les écrans – et votre auteur peut en attester – vont saloper toute votre santé si vous les regardez plus que la lueur du soleil.

2 comments for “« Tu n’as pas internet chez toi ? Mais comment fais-tu pour vivre ?! »

  1. Sarra B
    19 juin 2017 at 11 h 36 min

    Ton cas est particulier, puisque tu as Internet toute la journée au travail. On pourrait répondre qu’en tant qu’étudiant, on a accès dans toutes les bibliothèques au WiFi pour toute la journée… ça donne à réfléchir, tout ça.

  2. 19 août 2017 at 17 h 22 min

    Un truc que la generation avant la notre ne peut pas comprendre, c est notre addiction a Internet et a etre constamment connecte. Cependant, ils ne comprendront jamais qu Internet n est pas un outil, mais un mode de vie, une necessite meme, et qu une fois deconnecte, on perd notre equilibre.

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