J’ai testé le TGV l’Océane entre Toulouse et Paris le jour de son lancement

A Toulouse, le dernier TGV du premier jour de la LGV l’Océane.

4h17 entre Toulouse et Paris. Au lieu de 5h28.

Le week-end dernier, je suis allé à Toulouse. Je ne peux rien en dire à part que j’ai mis 5h28 pour m’y rendre et 4h17 pour en revenir, voilà tout. Entre l’aller samedi et le retour dimanche, la ligne à grande vitesse (LGV) Sud Europe Atlantique, entre Paris et Bordeaux, a été ouverte au public, ce qui n’aura pas échappé aux curieux de l’actualité.

Départ à 19h51 en gare de Toulouse-Matabiau. Des tapis bleus océan, une tribune pour le discours inaugural, des affiches « I love TGV l’Océane »… Autant de vestiges des festivités qui ont émaillé cette journée si spéciale pour les Toulousains, qui gagnent désormais une heure entre leur ville et Paris. Le contrôle des billets (mes lecteurs auront compris que j’ai payé 0€ A/R !) a lieu avant l’accès au train, ce dont j’ai été informé la veille par mail : « Préparez votre billet ! L’accueil et la vérification des billets s’effectueront désormais à quai. » Une spécificité d’« inOui », le nouveau service de la SNCF.

Moment historique

Sur le quai, donc, en attendant d’embarquer, je tends l’oreille et entends une voyageuse raconter que le train inaugural, « ce matin, a eu cinq heures de retard dans le sens Paris – Toulouse ». Je profite de ce moment pour lancer : « Si ça tombe sur nous, on arrivera demain matin ! » En termes de contretemps, nous arriverons à la gare Montparnasse avec un retard on ne peut plus raisonnable : 20 minutes. A 0h28 au lieu de 0h08. On nous informe que c’est dû à « l’intervention des forces de l’ordre à Agen et à Bordeaux ». Diable ! Qui est l’imbécile qui nous gâche le voyage ?

Trouver sa place risque de prendre du temps à cause que leurs numéros ne se suivent pas.

Quoi qu’il en soit, je monte à bord du TGV « inOui » numéro 8524 avec le fier sentiment de participer à un moment historique. La veille, j’avais emprunté l’un des derniers TGV circulant sur les voies classiques entre Paris et Bordeaux. Là, je prenais l’un des premiers à rouler sur la nouvelle LGV. En 2067, pour les 50 ans de la ligne, les vivants, dont probablement moi-même, se rappelleront : « J’y étais. »

Mais trêve de digression. Je monte donc à bord du TGV Duplex tout beau, tout neuf. La brillance de la carlingue laisse croire que le train sort tout juste de son usine d’assemblage. A l’intérieur, une odeur de neuf, comme si tout, sièges et mobilier, venait juste d’être déballé. Une fois n’est pas coutume, je mets un peu de temps à trouver ma place, à cause que les numéros de sièges ne se suivent pas. La place 27 est à l’opposé de la place 29 sans qu’on ne comprenne pourquoi.

Le Wifi à grande vitesse

Or donc, installé sur mon siège gris modelé par le designer Philippe Starck (pas de rapport avec Iron Man), je déplie ma table tout en bois et, comme lors de tout voyage, je prends mes aises. Le siège est plus confortable que dans les autres rames. L’intérieur rappelle celui des TGV Duplex réaménagés par Christian Lacroix, les couleurs vives en moins. Style chic et épuré pour « voyager avec classe ». Devant moi, deux prises USB et une prise 220V. Je teste aussi un service qui ravira tous les gens connectés mais dont, personnellement, je pourrais me passer dans mes tribulations ferroviaires : le Wifi. Ah, le Wifi… Il fonctionne, lui aussi, à grande vitesse. Aucune difficulté à charger des pages, ni même à écouter des chansons sur Deezer. Mais comme la plupart des bonnes choses, la connexion est limitée. Regarder vos séries Netflix risque de faire péter votre quota illico presto. 

Le Wifi fonctionne très bien mais, comme toutes les bonnes choses, est limité sur chaque trajet.

Pour profiter d’Internet, je dois entrer mon numéro de réservation ainsi que mon nom. On peut suivre l’évolution du trajet en direct ainsi que le nombre de personnes connectées simultanément sur le Wifi. Une carte indique même sur quels tronçons du trajet la connexion risque d’être ralentie ou inexistante. Une sorte d’excitation me prend quand, à la sortie de Bordeaux, le compteur s’affole (127 km/h… 175… 208… 261…) jusqu’à atteindre en quelques minutes sa vitesse maximale de 320 km/h. La vitesse à laquelle je fonce avec un millier d’autres passagers vers la capitale, dans la nuit noire.

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