Massif du Sancy: admirer la France depuis son coeur

Au sommet du Puy de Sancy, à 1886 mètres d’altitude, le regard se porte vers l’infini.

RECIT DE VOYAGE – J’étais en quête de fraîcheur et d’altitude. Le Massif du Sancy, éloigné des grandes villes, couvert de sommets faciles d’accès et de verdure à foison, m’apparaissait comme l’endroit idéal. Partons à 50 kilomètres au sud de Clermont-Ferrand.

Mon séjour commence à Super-Besse, une station de sports d’hiver… et d’été. A la descente de mon bus venu de Clermont-Ferrand, j’aperçois des personnes monter une piste en tire-fesse puis se laisser glisser sur 500 mètres sur une luge artificielle. D’autres fendent le ciel à toute vitesse, suspendues à une tyrolienne. Moi, au contraire, je cherche à rester le plus longtemps en altitude. Pour atteindre le sommet du Puy de la Perdrix (1850 m), les plus aventureux empruntent les chemins de randonnée. Mon timing étant serré, j’emprunte le téléphérique. Dans ma cabine, deux VTTistes (et leurs vélos) partagent l’ascension de 5 minutes. Ce qui les intéresse eux aussi, c’est la descente. Une fois arrivés au sommet, ils retournent vers le plancher des vaches en dévalant les pistes de terre aménagées. Pour ma part, direction le Puy de Sancy, à seulement 30 minutes du téléphérique.

Embrasser 1/7ème de la France

Le Puy de Sancy adresse un défi au marcheur : gravir un chemin étroit, sinueux et pentu vers le toit de l’Auvergne.

La marche demande peu d’efforts. Les dénivelés sont faibles et les sentiers conviennent aux amateurs et aux pieds mal équipés. Pour l’habitant du « plat pays », le spectacle est saisissant. A gauche et à droite s’étend un tapis de verdure vallonné. Le regard est naturellement porté vers l’horizon. On jouit d’une saine supériorité. Puis apparaît le plus haut sommet du Massif central. Le Puy de Sancy adresse un défi au marcheur : gravir un chemin étroit, sinueux et pentu vers le toit de l’Auvergne. Je relève le défi et soumet mes cuisses à d’intenses efforts. Des efforts mérités: à son sommet, à 1886 mètres d’altitude, on peut admirer un septième de la France. A l’ouest, le Périgord et le Limousin. Au sud, le plateau du Cantal. Par temps dégagé, il paraît qu’on peut apercevoir les cimes enneigées des Alpes. J’exagérerais en disant: « Avec des jumelles, on voit le sommet de la tour Eiffel ! » Reste que le panorama, agrémenté d’un vent frais, donne envie de s’y attarder, de faire le vide.

Négligeant le téléphérique, je descends le Puy de Sancy à pied, direction le Mont-Dore.

Vers 17h45, une voix crie dans un mégaphone et se résonne dans le massif: “Attention ! Attention ! Dernier départ du téléphérique à 18h15. Veuillez vous présenter 20 minutes avant.” Je pouvais emprunter cet ultime téléphérique. Mais l’envie me prend de redescendre la montagne à pied, sur les chemins caillouteux. Quelle galère ! Au lieu de gravats, ce sont de gros blocs de pierre qui parsèment mon chemin. Je manque de trébucher plus d’une fois. Devant et derrière moi, des marcheurs peinent eux aussi à descendre sereinement le chemin. Après plus d’une heure de descente, j’arrive enfin sur du plat ! Me voilà dans l’une des plus anciennes stations de ski de France, celle du Mont-Dore, créée en 1936. Plus que quelques pas avant de m’installer dans ma chambre pour la nuit.

“Ciel pur” et nuit étoilée

Vers 19h, j’arrive à l’auberge de jeunesse du Grand Volcan (voir “Où loger” ci-dessous). Le cadre est reposant. Je peux apercevoir les montagnes depuis la fenêtre de ma chambre. Et aussi écouter le ruissellement de la Dordogne, dont la source se situe dans le Sancy. La marche de l’après-midi me met rapidement dans les bras de Morphée. Mais vers 2h, lors d’un réveil en plein sommeil, je profite d’un spectacle dont sont privés tous les citadins: celui du ciel étoilé. Je n’ai jamais vu autant d’étoiles dans le ciel. Les constellations que j’ai apprises tout petit dans un planétarium, je les avais là, à la fenêtre. Mon voisin de petit-déjeuner a devancé ma pensée: “Ici, le ciel est pur !”, a-t-il lancé. Eh oui ! Ici, en plein milieu du Massif central, pas de grande métropole pour polluer le ciel de lumière artificielle.

Seul sur les sommets embrumés

Quasiment seul au sommet, un dimanche, je respire un air vivifiant dans une atmosphère brumeuse.

Mon petit-déjeuner avalé, je grimpe, à quelques mètres de l’auberge, dans le téléphérique que j’avais négligé la veille. Personne. Même constat au sommet: personne. Je suis quasiment seul à marcher en ce dimanche matin sur le plus haut sommet du cœur du pays. Le ciel est plus couvert que la veille. Et il se couvre de plus en plus. Les nuages foncent sur les flancs des volcans, contournent leur sommet et poursuivent leur course au-delà. La brume nous enveloppe de plus en plus jusqu’à nous laisser un champ de vision restreint. Pour le Parisien habitué aux gaz des pots d’échappement, l’air des sommets est comme une renaissance. La respirer, c’est nettoyer ses poumons. Les marcheurs arrivent petit à petit. Là, dans le cirage, une sexagénaire remarque, sans se plaindre: “Je n’aurais pas dû traîner en route, j’arrive au moment où ça se couvre !” Je la raisonne: “Le temps change vite ici. Un peu de patience !” La tête dans la capuche de son sweat gris, elle lance: “Bon, je vais méditer, s’il n’y a que ça…” Puis je m’en vais retrouver la terre ferme avec le téléphérique. Dans sa descente, il repasse sous la couche nuageuse et je retrouve on ne peut plus de clarté.

Les orgues volcaniques du Puy de Sancy et l’escalier de bois menant à son sommet.

Une dernière longue marche m’emmène de la station du Mont-Dore à son centre-ville. Je souhaite prendre de la hauteur une dernière fois en empruntant le funiculaire des Capucins. Pas de chance, il ferme le midi. Tant pis. Je profite des quelques heures qu’il me reste pour reprendre des forces autour d’un plat auvergnat et déambuler dans les rues de la ville thermale. De nombreuses boutiques vendent des fromages, saucissons, vins, bières, truffades et autres spécialités du cru auvergnat. Tout cela sent bon l’authentique. Le rockabilly fait swinguer les alentours de la place principale, devant le casino. C’est le dernier jour du festival Retro Rockin’, dédié au rock’n’roll des années 50. C’est sur ces notes que commence mon retour vers le capitale. Une sorte de voyage entre le silence et le tumulte.


Où loger ?

L’auberge de jeunesse du Grand Volcan, au Mont-Dore. 25,30€ la nuit en chambre seule, petit déjeuner compris, ou 20,30€ par personne en chambre partagée. L’établissement est idéalement situé dans la station du Mont-Dore, à quelques mètres du téléphérique de Sancy. En revanche, il est éloigné du centre-ville: compter 45 minutes de marche.

Comment y aller ?

Train Intercités de Paris Bercy vers Clermont-Ferrand (3h30). Puis bus vers Super-Besse (ligne 74, 1h15) ou le Mont-Dore (autocar SNCF, 1h30).

Que faire ?

  • Téléphérique de la Perdrix, pour relier Super-Besse au Puy de la Perdrix (1850 m)
  • Téléphérique du Sancy, pour relier le Mont-Dore au Puy de Sancy (1886 m)
  • Les thermes du Mont-Dore, ouverts en 1817 (!)
  • Le funiculaire du Capucin, plus ancien électrique de France, pour relier le centre-ville du Mont-Dore au mont du Capucin (1245 m)
  • Le lac Pavin, formé à l’intérieur d’un cratère, a la particularité d’être très profond (93 m)

> Plus d’informations sur le site de l’office de tourisme de Sancy

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