Economie de la presse à l’ère numérique, Patrick Le Floch, La Découverte, 2013

Introduction

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I – La presse dans le contexte historique

  • 11_ « Les ordonnances de 1944 créent ainsi, selon Charon [2013], deux secteurs parallèles, « le premier, celui des quotidiens et des hebdomadaires politiques, très encadré et réglementé […], le second, celui de la presse périodique spécialisée, totalement libre, devenu le lieu de convergence des investisseurs ». »

II – Les caractéristiques économiques d’une publication de presse

  • 13_ Les fonctions centrales de la presse écrite ont été pendant longtemps celles d’informer, de transmettre, d’expliquer et de commenter les informations, d’exprimer des jugements et des opinions […]. Jean Stoetzel [1951] voit trous fonctions supplémentaires. D’abord, une fonction de divertissement, où la lecture d’un titre est aussi une détente, représentée par les rubriques récréatives (jeux, spectacles, programmes télévisés) et certains illustrations. Ensuite, une fonction de psychothérapie : « La lecture peut influencer de façon complexe la psychologie des lecteurs […]. Une certaine conception de la morale traditionnelle conduit souvent à condamner l’exploitation par la presse de la violence, des crimes, des scandales. […] La présentation de l’actualité aide à sa manière les individus à se défouler par le rêve ou l’indignation, ou en leur offrant des sujets de conversation » [Albert, 1993]. Enfin, une fonction d’intégration sociale. Garants de la socialisation des individus, les titres de presse sont en mesure de briser l’isolement de certains, les incitant à participer aux activités collectives. Ainsi, la presse écrite peut être considérée comme un vecteur d’éducation et de culture, de récréativité et de divertissement. Au-delà, elle contribue au jugement du citoyen et lui permet d’exercer ses responsabilités en toute connaissance de cause. Les médias, dont la presse écrite, jouent donc le rôle de construction de valeurs sociales, comme la démocratie [Habermas, 1978].
  • 24_ « Principe de péréquation » : quotidiens ne supportent pas la totalité de leurs coûts de distribution grâce à la solidarité de la presse magazine
  • 33_ Rupert Murdoch affirmait en 2007 que le marché gratuit était plus rentable que le payant pour finalement faire marche arrière en 2010, en rendant payantes les consultations du Washington Post, du Wall Street Journal ou encore du Times.
    • Choix de chercher ses recettes soit auprès du lectorat, soit auprès des annonceurs
  • 34_ Lorsque le prix de vente du journal est inférieur au coût de production, « gagner des lecteurs peut conduire à la faillite », souligne Guéry [1992]. En effet, si l’annonceur refuse de payer plus cher l’espace publicitaire parce qu’il estime que le lectorat supplémentaire ne correspond pas à sa cible, l’éditeur verra sa profitabilité se dégrader au fur et à mesure qu’il augmentera sa diffusion !
  • 37_ Septembre 2010, Spir Communication, filiale spécialisée dans la presse de petites annonces du groupe Ouest-France, décide de revendre 50% des parts du site leboncoin.fr qu’il détenait en joint-venture avec le norvégien Schibsted => signe que le marché des petites annonces est en crise. Désormais, leboncoin.fr est le premier site de petites annonces en nombre de visites
  • 40_ « Internet représente ici aussi une véritable révolution car un titre de presse, voire une marque, peuvent exister en dehors de leur support papier, reléguant bien loin les étapes d’impression et de distribution des titres »

III – Les structures de marché de la presse écrite

  • 42_ En décembre 2011, 9 530 titres de presse engendrent 9,15 milliards d’euros
  • 48_ Dans le cas de produits différenciés, comme le sont de nombreux titres de presse, il conviendra de déterminer le degré de substituabilité entre deux titres afin d’évaluer, du point de vue du consommateur, jusqu’à quel point ils sont substituables : le changement de prix de l’un des titres aura une incidence positive sur la consommation de l’autre (élasticité-prix croisée de la demande) [Le Floch, 2008]
  • Les grands groupes de médias
    • 54_ Depuis 2003, Lagardère recentre son activité exclusivement sur 2003. En 2011, 7,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires. Détient 20% de Canal +
    • 58_ Sur « Le Monde » PHOTO
    • 61_ Google News = 40% de l’audience d’un grand média
    • 66-68_ L’émergence d’une culture médiatique multiécran TOUT

IV – La presse écrite, une activité réglementée

  • 71_ Le montant total des aides de l’Etat français à la presse écrite s’élève en 2011 à environ 1 000 millions d’euros, soit 11% du chiffre d’affaires du secteur, estimé à 9 200 millions d’euros
  • 73_ « La subvention versée à la SNCF – qui bénéficie principalement au Monde – est passée de 8 millions d’euros en 2004 à 4,5 millions d’euros en 2013. »
  • 83_ « Françaix [2012] […] cite l’exemple de magazines de télévision qui bénéficient de plus de 20 millions d’euros d’aides de l’Etat : Télé 7 Jours perçoit 7,3 millions d’euros, Télé Star sur 4,8 millions d’euros, Télé Loisirs 4,4 millions d’euros, Télé Z 3,7 millions d’euros et Télécable Sat Hebdo 3,3 millions d’euros. Toujours selon l’auteur, le périodique Télé 7 Jours perçoit à lui seul un montant d’aide supérieur au total du montant versé pour l’aide à la modernisation des diffuseurs de presse ! »
  • 90_ Ainsi, comme le soulignent Sonnac et Gabszewicz [2013], « dans le cadre d’une économie du savoir, les médias tout comme l’Education nationale ont un rôle de transmission de savoir. Le rôle est de sélectionner, hiérarchiser, décrypter et transmettre un savoir. Ni un impulseur ni un initiateur, l’Etat doit être un facilitateur de la transmission de ce savoir » [Sonnac et Gabszewicz, 2013, p. 118]

V – Les stratégies des entreprises de presse

  • 111_ « Le groupe Le Monde a lancé trois suppléments thématiques (Sciences & Techno, Sport & Forme, Culture & Idées) en plus de son périodique de fin de semaine, M le Magazine du Monde. Ensuite, les entreprises de presse investissent, développent et adaptent en permanence leur site en ligne : amélioration de l’ergonomie, enrichissement de l’offre de contenus avec de nouvelles rubriques, insertion d’images et de vidéos, du Web documentaire. Enfin, elles mettent en place des stratégies numériques sur tous les supports de lecture pour être en adéquation avec les nouvelles formes de consommation, sur les tablettes numériques et les smartphones. En moyenne, trois écrans sont consultés par le socionaute du Monde.fr : 70% des fans sur Facebook consultent également le site, 40% l’application du Monde et 40% lisent le quotidien (Les Clés de la presse, 2012, p.39)

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