Le jour où la Belgique a disparu. Retour sur un moment clé de l’histoire télévisuelle, Serge Schick, Les Bords de l’eau, La Muette, 2012

Séquence 1 : Impossible n’est pas Belge

25_ « Des travaux de remise en état des conduites d’égoût, situés des deux côtés de la « frontière » entre Wallonie et Flandre, demeurent inachevés parce que ni le service wallon, ni le service flamand, ne veut prendre en charge le mètre restant. »

26_ Sur les attributions :

    • Etat fédéral : compétences régaliennes, sécurité sociale

    • Communautés : langue, affaires culturelles, enseignement, tourisme, certains domaines de santé, affaires sociales

    • Régions : domaine territorial comme transports, environnement, agriculture, aménagement du territoire

27_ 1873, introduction du flamand dans les tribunaux. Devient langue officielle en 1898. Années 1960, les Flamands néerlandophones demandent l’interdiction du français sur leur territoire => tensions à Fourons, à majorité francophone. 1968, les étudiants flamands de l’Universit de Louvain obtiennent le départ de la section française de Wallonie.

30_ « Lorsque les Belges se rendent aux urnes pour constituer le Parlement Belge, ils votent pour un parti néerlandophone ou pour un parti francophone et non pour un même parti national représenté en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. »

34_ « En Belgique, jusqu’à la fin de l’âge d’or de la sidérurgie dans les années 1960-1970, la Wallonie était plus riche que la Flandre, situation qui s’est fortement inversée. La produit intérieur brut de la partie néerlandophone est de 171 milliards d’euros, contre 70 milliards pour la zone francophone. »

35_ « Autre spécificité locale : les Belges paient leurs impôts sur leur lieu de résidence et non sur leur lieu de travail. »

Séquence 2 : Généalogie d’un acte

45_ Robert Wangermée, ancien grand patron de la RTBF de 1960 à 1985, dit : « La télévision du service public n’est pas une télévision d’Etat, elle doit être dérangeante ».

Séquence 3 : Karine et Rebecca

49_ Karine et Rebecca = deux sœurs de 10 ans qui chantaient, dans les années 60, des airs du répertoire de Saint-Nicolas. Le projet Bye Bye Belgium porte leurs prénoms ! Raison ? Pour renforcer le secret au maximum.

54 à 57 : PHOTOS

Séquence 4 : Stupéfaction… Et tremblements

64_ « On peut dire à l’instar de Don Quichotte qui constitue à la fois un ouvrage épique et une satyre du roman de chevalerie, Bye Bye Belgium incarne, dès le départ, une soirée politique qui porte, en raison de la présence d’éléments caricaturaux, les germes de son invraisemblance. »

65_ « … le présentateur lance l’un des reportages les plus stupéfiants de la soirée. L’émission a démarré depuis 16 minutes et 25 secondes, il est 20h38. Les téléspectateurs voient un tram de la Société des Transports Intercommunaux Bruxellois (STIB) s’arrêter à la frontière entre la région Bruxelloise et la Flandre indépendante ! A l’intérieur du tram, l’on entend le conducteur annoncer qu’en raison de la proclamation de l’indépendance de la Flandre, le tram ne peut plus traverser la frontière. Ronchonnant, les passagers descendent du wagon, l’un d’eux grogne même : « Foutu pays ! » C’est à cet instant précis, sans doute, que la réalité dépasse la fiction ou, si l’on préfère, que la fiction est devenue plus vraie que la réalité. Car si le conducteur du tram jouait un rôle de composition, les passagers du tram n’étaient pas des figurants ! Simples usagers, ils acceptent de descendre du véhicule, guère plus surpris que cela par l’explication que l’on vient de leur donner. »

72_ Evocation de la dixième boule de l’Atomium !

78_ Au Parlement Flamand : Malines est capitale, Astrid est reine, une importance part de la dette publique sera remboursée par la Flandres.

Séquence 5 : Le jour d’après

88_ « Personne ne donne cher de l’avenir du patron de la RTBF, au point que La Libre Belgique titra dans son édition du vendredi 15 décembre : « Philippot viré ? Ceci n’est pas une fiction »

94_ Jeudi 14 après-midi, sondage IPSOS : 53 % des personnes trouvent que c’est une mauvaise idée, 47 % l’inverse. 77 % ont déclaré être au courant de l’émission.

Séquence 6 : Droits de suite

101_ Making off diffusé le 12 décembre 2007… Pas avant pour raisons juridiques

107_ Mention « émission spéciale » et non « édition spéciale », comme c’est l’usage lors d’une édition de JT

116_ « En exposant ce scénario redouté et enfoui dans la conscience des francophones, Bye Bye Belgium n’a pas annoncé que ce scénario allait survenir, elle a simplement montré qu’il n’était pas impossible. Depuis sa diffusion, ce qui est en revanche certain, c’est que le parti indépendantiste NV-A, qui se présentait en cartel aux élections avec le parti social chrétien Flamand CD&V, est devenu la plus grande force politique en Flandre. »

119_ Reproche : caricature des Flamands. « Il est tout de même regrattable que Bye Bye Belgium, émission par ailleurs si clairvoyante, n’ait pas su donner la parole aux partis, courants et citoyens flamands, qui soutenaient le maintien d’une Belgique unie ».

Séquence 7 : Le spectre du mur

122_ « Dans la mesure où le direct a été le fil conducteur de la soirée du 13 décembre et où les moyens d’information ont été largement mobilisés, il paraît impossible de classer Bye Bye Belgium dans la catégiorie des documentaires de fiction. Le programme propose en réalité une hybridation des genres « news » magazine et documentaire, avec un plateau, théâtre central de l’émission, des duplex, des reportages, des interviews et témoignages, des analyses et des images d’archives. Il rassemble toutes les caractéristiques de ce que l’on appelle, dans le lagage audiovisuel, « une opération spéciale », dont la nature traverse l’ensemble des genres traditionnels »

133_ « Comme Européen, je suis saisi par le parallélisme des situations entre l’Europe et la Belgique. Crise économique et financière. Disparités Nord / Sud. Montée des communautarismes. Régression du sentiment de solidarité. Absence totale de vision à long terme. Oubli de tout projet commun… Il ne s’agit plus, dans un cas comme dans l’autre, que de sauver les meubles »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *