Le journalisme numérique, Alice Antheaume, Les Presses de Science Po, Nouveaux débats, 2014

Chapitre 1 : Objectif web

  • 22_ Dans l’univers numérique, toute narration s’appuie sur des liens hypertextes, souvent soulignés en bleu, qui permettent de rebondir d’une page à l’autre grâce à un système d’URL. C’est un cycle perpétuel de décollages et d’atterrissages : on clique sur un lien, on atterrit sur une page, on clique sur un autre lien, on redécolle pour arriver sur une autre page, et ainsi de suite. Le choix des destinations est gigantesque. Dans un seul article peuvent figurer des dizaines et des dizaines de liens hypertextes insérés sur des mots clés ; il s’agit de liens vers d’autres articles choisis par le journaliste pour leur pertinence. Dans un monde en réseau, où l’entre soi est à bannir, ces liens portent volontiers vers l’extérieur et pas seulement vers des productions internes.

  • 25_ Une naissance ne se déroule jamais dans l’indifférence. Celle des premiers journalistes en ligne n’a pas dérogé à la règle. Taxés de « Pakistanais du web » et de « journalistes low cost » par Le Monde dans un portrait au vitriol publié en 2009, ils ont souffert d’une perception qu’ont eue d’eux leurs confrères issus des rédactions classiques. Ces derniers les ont longtemps pris au mieux pour des informaticiens, au pire pour des semi-stagiaires en documentation, en tout cas pour des personnes sous-qualifiées, incapables de mener une enquête sérieuse, tout juste bonnes à « bâtonner de la dépêche ».

Chapitre 2 : Le déluge des données

  • 41_ Sur une seule page d’un article du Huffington Post s’amoncellent plus de cent liens – et ce n’est que l’estimation basse. Ces liens, qui forment l’ADN du journalisme en ligne, sont autant de tentations du clic, autant de possibilités d’aller voir d’autres pages, encore et encore.

  • 47_ … l’utilisation du Web depuis un mobile devrait surpasser celle depuis un ordinateur en 2014. […] Edouard Andrieu, responsable des nouveaux écrans au Monde.fr, constate que la mutation est déjà bien avancée : Lemonde.fr fait davantage de pages vues sur son application mobile que sur son site Web.

  • 55_ L’effervescence des pure players en France est telle que Nicola Bruno la compare à la Nouvelle Vague française. De même que les cinéastes Claude Chabrol et François Truffaut se sont attachés, à la fin des années 1950, à inventer une nouvelle manière de filmer, les pure players traduiraient une envie de raconter l’actualité autrement, à travers la création de nouveaux formats éditoriaux et des modèles économiques différents de ceux de la « vieille presse ».

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Chapitre 3 : Avis de pression temporelle

  • 75_ Il existe un autre genre de live : le live dit « permanent », tel celui installé sur la plate-forme d’informations en continu de France Télévisions depuis novembre 2011. Multithématique, il relate, en continu, l’ensemble des actualités du jour (politique, sport, international, culture, société, économie, etc.), toujours à l’aide de vidéos, de photos, de textes. Le tout est réalisé par des livreurs qui répondent en temps réel aux questions et aux réactions de l’audience. Le format live se veut, au fond, une conversation avec le lecteur, une façon de lui dire « oui, il y a quelqu’un derrière ton écran qui te parle et peut répondre à tes questions », décrit Thibaud Vuitton, rédacteur en chef de France TV Info.

Chapitre 4 : La chaîne de production

  • 97_ Des erreurs regrettables ont été commises, comme la publication d’une photo d’un tremblement de terre en Chine en 2008 dans les pages de Libération pour illustrer le séisme d’Haïti en 2010. Cette image avait été au préalable publiée sur le compte Twitter d’un individu qui se prétendait d’Haïti et que quelques médias et agences photos avaient reprise à la hâte.

  • 103_ Itinéraire d’une image peut être tracé par Tinege, moteur de recherche qui retrouve sur web images qui lui ressemblent. AFP utilise quant à elle Tungstène

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Chapitre 5 : La reine audience

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  • 132_ Le phénomène est tel que les trolls servent d’indicateur de visibilité. Il serait en définitive inquiétant qu’un média d’envergure ne soit pas « trollé ». Cela signifierait que ses contenus, s’ils ne suscitent pas – ou pas assez – de réactions, ne sont guère lus. Lemonde.fr est, à ce titre, un cas à part car seuls les abonnés payants peuvent commenter, ce qui limite quelque peu l’invasion des trolls. En revanche, précise Thibaud Vuitton, « cela favorise un autre type de réactions de lecteurs qui, parce qu’ils sont abonnés, parce qu’ils payent pour pouvoir commenter, sont en droit d’exiger quelque chose. Les commentaires du type « Le Monde n’est plus ce qu’il était » ou « Beuve-Méry se retourne dans sa tombe » sont les plus énervants. On peut parler de trolls car ils n’apportent pas grand chose au sujet traité.

  • 140_ Il faut souvent ruser. En mai 2008, quand un cyclone terrasse la Birmanie, le sujet n’intéresse pas les internautes. Alors que le nombre de disparus monte en flèche, les articles sur ce désastre se succèdent, sans décoller dans les statistiques. De guerre lasse, la rédaction de 20minutes.fr joue la carte de la provocation et publie un article intitulé « Pourquoi vous vous fichez de la Birmanie ? » qui, cette fois, fait mouche. « Plus de 15 000 morts, une catastrophe humanitaire de grande ampleur, un régime dictatorial accusé de ne pas l’avoir prévue, et pourtant, vous êtes très peu à lire les articles sur la Birmanie », pouvait-on y lire. « C’est un des sujets d’actu qui vous a le moins intéressés selon nos statistiques. Nous vous avons demandé pourquoi et, là, vous avez répondu en masse. » De fait, après modération, on trouve 270 commentaires qui tentent de répondre à l’interrogation.

Chapitre 6 : Fenêtre sur les réseaux sociaux

  • 148_ Pierre Assouline, premier blogueur littéraire à être entré à l’académie Goncourt.

  • 160_ Les journalistes ne maîtrisent plus le contexte dans lequel leur publication est lue. Ils doivent intégrer l’idée que chacun de leurs contenus a une vie « sociale » en dehors de celle qu’ils lui ont assignée.

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