Les journalistes et leur public : le grand malentendu, Jean-Marie Charon, Vuibert, 2007

Introduction

  • 8, Fausse interview de Fidel Castri par PPDA + annonce retrait vie politique d’Alain Juppé par David Pujadas

  1. La mise en cause récurrente du traitement de l’information

  • Années charnières du déclin de confiance : 1989-1991 avec le faux charnier de Timisoara et la guerre du Golfe

  • N° 13, revue Médias-Pouvoirs, fin 1998

  • 18, Défiance se creuse en 1990/91 : -9% radio, -12% presse écrite, -16% TV

  • 21, Juin 2000 : loi sur la présomption d’innocence entraîne interdiction des journalistes de photographier qq’un menotté

  • 22, Public surtout opposé à la violation de vie privée, révélations de docs confidentiels, leur vol, caméra ou micro caché ; contre opinions persos des journalistes dans article ; public reproche traitement des mêmes sujets au même moment

  • 23, 2006, Bayrou se plaint du traitement de la campagne par médias. Dénonce :

– concentration des médias aux mains de quelques groupes => risques influence

– dénonce proximité de ces groupes avec Sarkozy (Lagardère, Bouygues, …)

– focus sur Royal / Sarkozy, donc pluralisme bafoué

  • 24, Beaucoup politiques pour autorité ou instance de régulation : Balladur, Barre, Chevènement, Donnedieu de Vabres, Sarkozy et Hollande

  • 29, Journalistes eux-mêmes critiques sur médias :

– réflexions sur dérives et évolutions avec Le Grand bazar de l’info, Yves Agnès

– charge au vitriol sur dérives idéologiques avec Les Nouveaux chiens de garde de Serge Halimi

– appel au sursaut déontologique avec Albert du Roy et Edouard Dor

– contre écoles de journalisme, Les Petites soldats du journalisme

  1. Les principales critiques

  • 33, Échelle des erreurs du journaliste :

    – simple faute orthographe ou nom

    – erreurs factuelles, confusion entre personnes et fonctions

    – approximations, contre-sens

  • 36, Reproche de faiblesse actus internationales ; primat des USA et Europe donc oubli du reste ; trop de people donc oubli des problèmes sociaux ; choix et hiérarchie des sujets

  • 37, Fait divers : constructif de l’histoire des moyens de l’information. Car avant périodiques existent des « canards » relatant crimes et catastrophes

  • 38, Rôle important de l’affaire Troppmann : assassinat famille aux portes de Paris en 1869 => favorise quotidien à un sou

  • 38, « Le fait divers exprime une sorte de violence faite aux personnes, par les médias eux-mêmes, qui viendrait se surajouter à celle déjà éprouvée dans la réalité »

  • 38, « Forts avec les faibles, faibles avec les forts »

  • 39, Décembre 2002, affaire du bagagiste de Roissy => thèse du flagrant délit véhiculée par médias ; on parle du terrorisme, d’autant que se nomme Abderrezak Besseghir

  • 40, Articles « Les immigrés dans la presse quotidienne régionale » et « Les immigrés et les Français d’origine étrangère dans la presse magazine », 1996, Charon

  • 41, Allemand Michael Born : 14 faux reportages

  • 41, reportage TF1 sur supposés rites dans catacombes Paris

  • 41, Médias-Pouvoirs, n°23 juillet 1991, « Le mélange des genres… », Valérie Ganne

  • 42, Sur émotion public + journalistes dans faits divers : Cahiers du journalisme, n°14, prin-été 2005, « Quand les journalistes de presse parlent de faits divers », Annick Dubied

  • 44, Corps mort du préfet Erignac dévoilé par Paris Match + morts téléphérique du pic de Bure (20 morts) => indignation familles

  • 46, Article 38 loi 1881 : interdit de « publication par tous les moyens de photographies, de gravures, de portraits ayant pour objet la reproduction de tout ou partie des circonstances des crimes ou délits » => pourtant suppléments illustrés, fin XIXème, des crimes semaine + violence vue entraîne violence réelle ?

  • 48, « Surenchère concurrentielle » : règle des 3 S = sang, sexe, scandale. Tabloïd anglais ou allemand en font leur credo

  • 49, Un même fait traité différemment selon titres : simple brève à couverture, titre, photos explicites

  • 55, Pas texte ni moyen juridique de condamner un journaliste ou une rédaction si info fausse par négligence, incompétence ou faute de moyens

  1. Les réponses de la société civile et des institutions

  • 58, 1/5 journalistes passe par école reconnue

  • 59, « En revanche, nombre de ceux qui passeront directement de formations de droit, de lettres, de langues, de sciences politiques, etc. à l’entrée dans la profession n’auront pas pour autant été préparés aux exigences du journalisme » (surtout sur éthique et déontologie)

  • 60, Absence séminaires sur éthique et déontologie même dans écoles reconnues ?

  • 61, « Reconnaître le caractère professionnel du journalisme impliquerait-il une formation et la possession d’un diplôme ? A contrario, les tenants d’une profession qui devrait ouverte s’opposaient à une telle conception »

  • 61, Selon loi, « Le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources »

  • 61, Rapport du Conseil économique et social s’ouvre ainsi : « Le journalisme s’enseigne t-il ? La controverse est vive entre les tenants d’un cursus comprenant une formation supérieure suivie dans un passage dans une école reconnue et ceux qui estiment que la ‘culture’ journalistique s’acquiert par la pratique et qu’elle doit se compléter d’une solide culture ‘maison’ développée avec le temps, les stages, les piges et les CDD. »

  • 66, Journalistes anglo-saxons marqués par notions de vérité et objectivité. Contre tout forme de censure

  • 66, Code des journalistes américains dit : « Les journalistes sont responsables de leurs infos à l’égard du public et celui-ci doit être encouragé à exprimer ses critiques à l’égard des médias »

  • 69, Savoir séparer événements et commentaires

  • 70, En protégeant une source, parfois forcé de protéger une personne ou un institut derrière

  • Voir : Charte de 1918 (très actuelle mais non adoptée selon Charon) et Charte de Munich

  • 73, Roland Cayrol prône « Conseil de presse » ou « Comité nationale de l’éthique de l’information ». Rien de tel pour l’instant, contrairement aux USA et à l’Angleterre

  • 35 conseils de presse dans le monde, donc 16 en Europe

  1. Les réticences de la profession

  • 80, Chez journaliste : « tentation liberticide récurrente ? »

  • 80, « L’histoire de la France est en effet des plus riches en relations difficiles et tumultueuses entre la presse et le pouvoir exécutif »

  • 82, Affaire Cofidis = dopage cyclisme => Le Point et L’Express perquisitionnés

  • 84, Affaire Colombani et autres : offense à chef d’État étranger ? (roi du Maroc) => 25/06/2002, Le Monde

  • 86, Autocensure : risques = rumeurs, donc d’autant plus nuisible ; impression de cacher affaires gênantes ; négation du rôle de la presse

  • 101, Bertelsmann réalise seulement 30% de chiffres dans son pays d’origine : Allemagne

  1. Les termes du malentendu

  • 105, Faits divers dans quotidiens : puisque 24h pour les traiter, l’info doit être très développée. Contrairement à radio ou télé qui diffusent instantanément.

  1. Les réponses et expériences des journalistes et des médias

  • 113, Syndicats de journalistes à l’origine de deux chartes : 1918 et Munich (1971) ; libre blanc SNJ ; éthique dans Les Cahiers du journalisme, revue de l’ESJ Lille

  • 120, « Fondamentaux trop ignorés » ; « La méconnaissance du droit liée au déficit de la culture générale entraînent un oubli croissant des principes d’éthique professionnel »

  1. L’enjeu de la responsabilité des journalistes

  • 128, Dilution de la responsabilité des journalistes, car info sous-traitée : photographes, maquettistes, pigistes… Qui fait quoi ?

  1. Insuffisamment fiable face à la complexité du monde

  • 155, Public connaît mieux les médias, car utilise même outils et applications que les journalistes : webcam, tweet, smartphones, … => interpellations, questionnements par émissions telles « Service Public », « J’ai mes sources », …

  • 159, Médiatisation grippe aviaire 2005/2006 => cause changement dans achats alimentaires. Beaucoup de courriers de lecteurs estiment médias complices d’intérêts politiques et industriels !

  • 160, Le journaliste doit-il toujours être « généraliste », s’interrogeant naïvement sur le monde pour traiter des infos techniques ou sociologiques pointues ? => risque erreurs ; appel spécialistes nécessaire

  • 162, En 1964, 37% des titulaires de carte de presse ont fait études universitaires ; 82,3% en 1998

  • Voir : Rémy Rieffel, « La profession de journaliste entre 1950 et 2000 », Hermès, n°35, CNRS Éditions

  • 163, Parle de 12% passant par École de journalisme…

  • 165, « Nombre de journalistes ont le sentiment de se former en faisant leur métier »

  • 166, Pigistes = ¼ des journalistes. Directions s’intéressent peu de l’évolution de leurs compétences… Mais pigistes apprennent en travaillant !

  • 170, Problème de l’expert : si intégré = + coûts. De même, expert, plus crédible, remplace t-il le journaliste ? Lequel se limite à transmettre et rapporter les infos

  1. Médias, fauteurs de troubles : la crise des banlieues

  • 180, Sur émeutes banlieues 2005, médias américains parlent de « guerre civile » !

  • 181, Médias ont favorisé imitation délinquance, tour de France des banlieues, compétitions entre bandes => pour atteindre sorte de palmarès. D’autant que pluie de chiffres : nombre de voitures brûlées, d’interpellations, etc.

  • 182, « Esthétique des brasiers » ? Car images toujours rediffusées.

  • 188, Raison origine sociale des journalistes : haute ou moyenne classe, peu issus d’orient ou Dom-Tom

  • 190, Difficile d’accéder banlieues automne 2005 => camions TV brûlés, violences verbales et physiques, …

  • 192, Déjà infos en continu. Généralement, banlieue conçue en terme de chiffres : comparaisons, nombre de logements sociaux, … Parole jamais donnée à la pop et au vécu

  1. Dépolitisation : « Médias coupables ! »

  • Après campagne 2002, slogans tels « Médias, coupables ! »

  • 200, Aussi faute des politiques qui ont mis de côté chômage pour la sécurité => assimilation politiques et médias comme « élites »

  • 200, Journalistes accusés de suivisme et de connivence

  • 201, Constitution européenne 2005 : médias pour oui mais n’ont jamais pris le temps d’expliquer le fond du texte aux citoyens

  • 204, « L’ensemble des journalistes politiques partageraient trop de choses avec le milieu politique lui-même » => dénonce la « pensée unique »

  • 205, Signes de cette proximité : manque de pugnacité des journalistes lors des conférences de presse du Président ; Président nomme ceux qui pourront l’interroger lors des grandes ocassions

  • 205, La Médiacratie, François-Henri de Virieu

  • 206, Beaucoup de responsables de IIIème République ont été journalistes : Aristide Briand, Clémenceau, …

  • 210, « Infotaintment » : info + entertainment = pipolisation des politiques + intérêt pour leurs gestes, voix, démarche, …

  1. Pour un débat public permanent

  • 234, « Le débat public s’amorce. Il doit s’amplifier. Il est la seule démarche qui permette de dépasser le malentendu actuel entre la société et médias concernant la qualité de l’information »

  • Prône éducatio des médias dans enseignement

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