Médias, opinions et présidentielles, Roland Cayrol et Jean-Marie Charon, INA Éditions, 2012

  • De Gaulle, en 1964, instaure égalité temps de parole pour favoriser expression de l’opposition. Lui-même ne s’exprime pas ! => Une horloge le remplace à la télé ! Cependant, donne trois interviews entre deux tours

  • 1974 : débat entre deux tours = en réalité, VGE et Mitterrand sacrifient leur temps de parole

  • Après la nouveauté de ce format, les français se lassent. Le forme courte est privilégiée. Ex : Chirac puis Mitterrand annoncent leur candidature en 1988 dans JT d’Antenne 2

  • 2007 : télé diffuse investiture Sarkozy. Images fournies par l’UMP ; donc pb indépendance !

  • 1995-2007 : tendance de dialogue entre français ordinaires et candidats. La France en direct présenté par Bruno Masure ; J’ai une question à vous poser par PPDA

  • « Règle des trois tiers » abrogée en 2001 : consistait à donner même temps de parole, sur l’année, à l’opposition, majorité et gouvernement

  • 1995 : première fois que candidats utilisent un prompteur

  • Le Pen se plaignait qu’on fasse exprès de le filmer de dos… et que ce soit retiré de son temps de parole !

  • Sondage : tantôt informatif, tantôt simple vocation de communication => on cherche juste à balancer un chiffre frappant et inquiétant

  • Pouvoir plus facilement se déclarer pour Marine Le Pen et/ou le FN n’est plus stigmatisé désormais => conséquence concrète sur les intentions de vote !

  • Existe-il une adaptation des médias à l’opinion ? Ou est-ce l’inverse ?

=> 2002 : thème insécurité. Or, le 25 janvier 2001, Chirac déclare vouloir « porter un coup d’arrêt à l’insécurité ». Est-ce de là que ce thème est devenu un enjeu des médias ? Sorte de feu vert donné pour exploiter ce sujet

  • C’est justement parce qu’ils sont fiables que les sondages influencent les lecteurs

  • Primaire PS 2011 : Hollande élu à 39%. Certains ont estimé que c’est peu… parce que les sondages annonçaient qu’il passerait directement le 1er tour !

  • 1938 : création IFOP

  • 1965 : personne ne doute de la victoire de De Gaulle… jusqu’à publication des sondages !

  • Au moment où il lance sa campagne, il recueille 68%. Pendant sa campagne, il en est à 43%

  • Pb : seuls les candidats jugés « sérieux » méritent une couverture médiatique. Or, si le candidat a une couverture médiatique, c’est qu’il est crédible…

  • 2002 : tous sondages prévoient duel Chirac-Jospin. Ce dernier, tellement certain, mène une campagne de 2ème tour dès le 1er !

  • Jospin ne voulait pas être élu. Voulait avant tout contrer Chirac, qu’il jugeait indigne d’occuper la fonction

  • 16 avril 2002 : Commission des sondages publie un communiqué, pour avertir que les sondages présentent des lacunes et qu’il ne faut pas s’y fier. Seuls quelques journaux publient, sous forme de brève, ce communiqué.

=> Mise en garde cachée au public ! Ils auraient pu être en phase avec l’un des ressorts du journalisme : la dramatisation et l’alerte

  • 1988 : Mitterrand organise peu de meetings lorsqu’il se représente. Il compte sur les médias. Veut apparaître légitime pour second mandat

  • 1995 : médias se sont davantage focalisés sur les déboires du gouvernement Balladur, plutôt que sur la campagne. On a donc jugé le Premier Ministre avant de juger le candidat

  • 2002 : puisque l’insécurité est le sujet dominant de la campagne, il est « normal » que les légitimes (Chirac et Le Pen), donc traditionnellement la droite, l’emportent

  • 2007 : les journalistes, décrédibilisés par leurs « performances » de 2002, davantage discrets. De plus, Sarkozy ne se focalise pas sur un thème (comme l’insécurité exclusivement), mais embrasse tous les thèmes et enjeux qui entrent traditionnellement dans le champ d’action du Président

  • Toutes campagnes confondues :

  • – 40 à 50% de l’électorat déclare son choix longtemps à l’avance

  • – 20% pendant campagne

  • – 20% hésitent jusqu’au dernier moment

=> Donc, près d’un électeur sur deux est sensible à la campagne pour former son choix

  • 2007 : TF1 ne diffuse aucune intention de vote ; FR2 une fois par semaine ; FR3 quasi quotidiennement

=> Téléspectateurs TF1 moins influencés que ceux de FR3 ?

  • Entre 1981 et 2007, élection de 1995 la plus couverte = 23,5 du temps du JT 20h

  • Les moins couvertes : 1988 et 2002 donc lors confrontation Premier Ministre – Pdt => sorte de lassitude des journalistes

  • Élections permettent aux citoyens de juger le bilan du parti au pouvoir. Or, pour se prononcer sur ce bilan, les médias doivent rendre compte des résultats des politiques

  • Puisque souci de rentabilité, les médias présentent les élections non comme un échange d’idées, mais plutôt comme compétition entre deux hommes (côté spectaculaire)

  • 1988 et 1995 : Olivier Duhamel parle de « présidentielle à premier tour compétitif » => en effet, suspens quant aux candidats, d’autant qu’il y a beaucoup de rivalités (Chirac-Barre ; Mitterrand-Delors ; Balladur…)

  • Baisse de la durée moyenne des extraits de discours des candidats dans reportages : 44,5 sec en 1981 ; 13,8 en 2007 => volonté des journalistes de contrôler l’info, qu’ils considèrent comme leur propre produit. De ce fait, les candidats doivent être convaincants en 14 sec

  • Peu de place accordée aux experts et citoyens malgré léger rebond en 2007

  • En France : communication électorale nationalisée ; différent aux USA où l’on cible les Etats indécis ; ou en Angleterre, les circonscriptions. Cette spécificité s’explique par : plafonnement des dépenses électorales ; égalité temps parole ; pas fichiers électeurs, donc pas marketing politiques

  • Facteurs personnels (niveau études, revenus…) influent sur la réception du message politique

  • Trois types de récepteurs :

  • – le glâneur = ne cherche pas l’info, mais la trouve ; recueille par hasard des bribes d’info

  • – le féru = s’informe de tout sur tout avec ardeur

  • – les inactifs = ne s’informent pas ; regardent télé sans intérêt ; regardent émission politique comme une émission de télé-réalité…

  • Egotropique VS Sociotropique => individus analysent message politique en fonction de ce qu’ils sont et de leur vécu

  • Pipolisation des politiques => moyen de faire grimper l’audience. Car le débat politique en tant que tel rebute le téléspectateur

  • Journalistes, devenus plus jeunes, sont sceptiques face aux politiques. D’où leurs questions sur délocalisations, environnement, finances, etc. qui cherchent à destabiliser

  • De ce traitement médiatique : la personnalité compte d’autant plus. Capacité à mobiliser, fédérer énergies, résistance psychologique. Comportement en vie privée (infidélité…) donne un aperçu de la vie publique et de la fonction future

  • Affaire DSK : journalistes américains ont taclé les confrères français, comme quoi ils se focalisent trop sur l’homme public. Or, américains se doutaient que son comportement public était incompatible avec de hautes fonctions (même FMI!)

  • Thucidide distingue trois passions primaires en politique (comme couleurs primaires) :

  • – peur / recherche de sécurité

  • – avidité / recherche de biens matériels

  • – honneur, gloire, reconnaissance

  • Meeting Sarkozy 14 janvier 2007 : première fois où les caméras TV publique n’ont pas été autorisées ; images fournies par équipe privée

  • Royal donnée gagnante avant ce discours de Sarkozy, qui gardera dès lors toujours son avance => courbes s’inversent en un seul jour !

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