Créer et développer une startup technologique, École polytechnique et HEC Paris

SEMAINE 1

De la recherche en laboratoire à la décision de créer une entreprise innovante

  • Validation de la technologie en laboratoire (brevet, propriété intellectuelle) > Test et recherche collaborative > Mise sur marché et démarrage commercial
  • Ciblage du marché > Mise en œuvre des moyens pour les atteindre > Développement du modèle économique > Financement
  • Conseils : entrepreneur = optimiste (100% le sont, mais la moitié échoue !), déterminé… Ne pas monter entreprise par simple goût de l’entrepreneuriat. Importance du choix de l’équipe

La conception innovante, un mélange de pratiques et de méthodes issues des « sciences de l’artificiel »

  • Entrepreneuriat comme phénomène social. Comme dirait Charles Gide, théoricien de l’économie sociale : « Ce à quoi il faudrait viser c’est moins à l’égalité de fortune qu’à l’égalité des chances »
  • Entrepreneur déstabilise l’écosystème mais le renouvelle
  • Herbert Simon, prix Nobel Economie en 1978 : « Résoudre un problème signifie simplement : le représenter de façon à rendre sa solution transparente. »
  • Henri Ford : produit en masse un produit alors réservé à l’élite. Modifie technologie… et modèle social !

HEC1

  • Partir de l’analyse fine des ressources à disposition vers un objectif facilement atteignable, un processus à itérer régulièrement : aller au-delà de l’opportunité et considérer la dimension innovante du projet
  • Triptyque : Type d’innovation > Performance > Processus
  • Au XXIe siècle, entrepreneur plus facilement social (via réseaux sociaux notamment) alors qu’autrefois les entreprises communiquaient via d’importants moyens de communication

Créer une entreprise innovante à plusieurs : quels critères de choix ?

  • On va plus vite seul… mais plus loin à plusieurs
  • Complémentarité des compétences et des profils psychologiques
  • Rapport à l’argent : prendre en compte différences d’âge, projets de chaque collaborateur, son histoire perso, sa situation familiale… Anticiper par exemple départ d’un quinquagénaire
  • Gestion des conflits : vivre le chaos peut amener à la performance car remise en question, repartir sur de meilleures bases
  • Se sentir coresponsable des succès et échecs… + Plaisir et humour afin de renforcer sentiment d’appartenance

Méthode et conseils pour décrire et évaluer une opportunité de création d’entreprise high tech

  • Faire différence entre industrie et marché :
    • Industrie du laser, par exemple. Une technique = une industrie
    • Marché de la soudure, de la découpe, de l’animation…
  • Le marché = c’est la concurrence !
  • La cible = les clients. Un substitut du shampoing n’est pas un autre shampoing… mais rien du tout (donc ne plus se laver).
  • Méthode marketing en prenant en compte : Valeur, risque (qu’un autre nous devance ou propose une meilleure solution), temps (agir au même rythme que le client).
  • Intimité avec le consommateur via le technologie. Ne signifie pas proximité, mais se demander : Est-ce que je suis vu par le consommateur tel que je le voudrais (comme une entreprise géante, astucieuse, innovante, insolite…)
  • Règle de l’échange et de l’avantage
    Marché lié à un usage
    « Connais-toi toi-même »
    Connaître son client : qui est prescripteur, influenceur. S’adresser à l’agrobusiness ou à l’agriculture responsable ?…
    Ne pas surestimer le potentiel de son marché
  • Profil d’entrepreneurs : Pionnier ou Suiveur !
    Suiveur nécessite d’être + opportuniste
  • Stratégie d’adaptation : être plus conforme aux attentes des consommateurs. Sources d’adaptation : fournisseurs, concurrents…
  • Une stratégie de différenciation doit être :
    • Significative pour l’acheteur (elle crée de la valeur client)
    • Valorisable pour l’entreprise (elle n’engendre pas un surcoût trop important)
    • Défendable face à la concurrence (savoir-faire difficilement copiable)

SEMAINE 2

Les étapes clés de la maturation d’un projet innovant

  • Projet = combinaison de ressources mises en œuvre dans le cadre d’une organisation temporaire pour atteindre un but spécifique
  • Manager un projet : le concevoir puis l’exécuter
    • Définir périmètre = composantes qui vont composer notre projet
    • Risques : événement, occurrence, impact => management de l’incertitude, dit « unknown unknown ». Sélectionnisme = suivre plusieurs pistes simultanément
  • Apprentissage par essai-erreur
  • Hypothèse critique : affecte plusieurs éléments, a un effet important sur les performances, détermine la faisabilité, engagement investissements importants…
  • Pour chaque hypothèse, se demander :
    • Quels besoins de connaissances ?
    • Quels modes d’acquisition ?
    • Quel support pour acquérir la connaissance ?
    • Comment réintégrer la connaissance acquise dans le projet ?
  • Expérimenter tôt, souvent… Retarder l’engagement des coûts importants et irréversibles. Multiplier les modes d’acquisitions des connaissances

Fondamentaux de la stratégie d’entreprise

  • Trois piliers fondamentaux :
    • Savoir faire : Aspirations de l’équipe fondatrice. Compétences en matière financière, commerciale et technologique
    • Pouvoir faire : Ressources disponibles, dont argent, temps, compétences, réseau… Distingue celle disponibles et celles qu’il faut aller chercher
    • Vouloir faire :
  • Objectifs :
    • Viser la victoire : voir grand, être convaincu de la qualité de son innovation. De pas partir du principe qu’on sera marginal. Ne pas confondre ambition et prévision
    • S’appuyer sur les forces du projet : qu’est-ce qui le différencie de la concurrence ? Quelles faiblesses ?
    • Estimer les risques : Visibilité. Peut-on réorienter le projet ? Si projet flexible dans environnement mouvant : moins de risques ! Sous-traiter augmente flexibilité
    • Se remettre en cause : Ne pas s’entêter !
  • Distinguer :
    • croissance en volume : l’offre doit suivre
    • croissance en valeur : investir tout en voyant ses marges évoluer

Stratégies d’innovation : typologie et valeur perçue par le client

  • Innovation isolée : fonctionne en solo, autonome et sans allié… On est seul responsable de sa réussite
  • Innovation systémique : s’intègre dans un système, comme la clé USB qui nécessite un port. Alliés nécessaires mais souvent contraignants.
  • Innovation créant un nouveau marché : vrai pari, quand le marché doit répondre à un besoin, doit être pérenne
  • Innovation de substitution : références de demandes, concurrence et offres comparatives. Clé : barrière à l’entrée et à la substitution. Certains secteurs plus réceptifs à l’innovation que d’autres
  • Innovation s’intégrant dans le standard : améliorer le standard, se substitue à l’un de ses composants
  • Quelle valeur d’utilité perçue par le client (VUPC) : bénéfices perçus – sacrifices perçus.

HEC2

  • 3 types de bénéfices :
    • Pain : plus de simplicité et de confort
    • Time : gagner du temps
    • Money : gagner ou économiser de l’argent
  • 2 types de sacrifices :
    • Coût de transfert
    • Risques perçus : changer de fournisseur, faire le mauvais choix sur le futur standard, travailler avec un nouvel acteur inconnu
  • Règle du x9 de Gourville : innovateurs ont tendance à surestimer, dans un rapport de 3 par rapport à leur client, les bénéfices et les risques

HEC3

Les enjeux de la propriété intellectuelle pour exploiter une innovation 1/3

  • Droit de propriété donne droit d’interdire à un autre de reproduire, de vendre un produit. Détermine ce qui nous appartient avant engagement d’un partenariat
  • Egalement outil de « guerre » industrielle !
  • Identifier ce qui est potentiellement protégeable + Est-ce le produit mérite d’être protégé (coût du brevet…). On doit se demander si on veut ou non séduire des investisseurs avec ce produit
  • Occuper rapidement un marché… avant qu’un concurrent le fasse

Les enjeux de la propriété intellectuelle pour exploiter une innovation 2/3

  • Droit encadré permettant d’interdire
  • Protection de la marque (une centaine d’euros)
  • Protection du design, de la forme, de l’esthétique (25 ans), notamment dans le domaine de la mode
  • Droit d’auteur : protège toute œuvre de l’esprit, si originalité, si emprunte de l’originalité de son auteur. Ne protège pas idée sous-jacente mais la forme de cette idée. Ne nécessite pas de dépôt préalable : s’applique dès création de l’œuvre
  • Brevet (milliers euros) : protège invention, donc solution technique à un problème technique. Logiciels informatiques entrent en compte. Sont exclus programmes d’ordinateur
  • Recherche l’art antérieur sur : Google Patent, Espacenet, Epoline. Permet de voir ce qui ressemble le plus à notre projet.
  • Savoir-faire à distinguer de la compétence

Les enjeux de la propriété intellectuelle pour exploiter une innovation 3/3

  • Elaborer stratégie de propriété intellectuelle + sécuriser marque et noms de domaine + clarifier les droits de l’université / l’ancien employeur
  • PI doit être cohérent avec business model : protéger le know-how et les inventions critiques, avec une anticipation monétaire. Traçabilité des briques « libres » pour les projets informatiques
  • Salariés sont normalement récompensés financièrement par leur employeur si création d’un produit

SEMAINE 3

De la science à l’industrie : la logique d’un service de valorisation

  • SAIC : Service des activités industrielles et commerciales. Valorise la recherche dans labos universitaires + aide aux chercheurs, notamment à monter son entreprise.
    • Veille à commission déontologique et donne autorisation aux projets étant donné que fonds publics sont investis

De la thèse en science à une startup de la navigation

La construction d’une équipe, clé du succès d’une startup

  • Jeunes entreprises innovantes se structures autour d’un leader… qui n’est jamais seul : l’entrepreneuriat est un sport d’équipe ! Ce leader doit donner du sens (processus de structuration), un cap au projet.
  • Dimensionner équipe et ressource proportionnellement à l’ampleur que l’on veut donner à son projet : trouver le bon équilibre
  • « Dream team » a cinq talents (une même personne peut en cumuler plusieurs !) :
    • Visionnaire
    • Marketeur
    • Vendeur
    • Technicien
    • Financier / Logistique
  • Complémentarité dans équipe… mais cela peut se transformer en antagonismes… D’où risque de conflit. Donc fixer modalités, rôle à chaque membre d’équipe.

Perspectives de la recherche en sciences sociales pour les entrepreneurs

SEMAINE 4

HEC4

  • Dans une startup médicale, par exemple, un brevet déposé en 2001 peut donner lieu à la création de startup en 2006 et aux essais cliniques en 2014 !
  • Financements doivent être répartis comme suit :
    • Beaucoup lors de la phase de maturation, moins lors de la commercialisation
    • Peu lors de maturation, un peu plus lors de la commercialisation
    • En fonction du coût des différentes étapes techniques et commerciales

Panorama des besoins et des sources de financement de l’innovation

  • Opportunité de création d’une nouvelle offre en 4 étapes :
    • Réaliser les premières ventes, même si moins cher que prévu
    • Accroître l’équipe technique
    • Améliorer technologie et services
    • Accroître la force commerciale
  • Principaux besoins en financement :
    • Investissements
    • variation du besoin en fonds de roulement (BFR) : stock et décalage de trésorerie entre encaissement clients et paiement fournisseurs. Attention, ce décalage mal géré peut être dangereux ! Intérêt à se faire payer le plus rapidement possible.
    • autofinancement négatif (CAF) : flux potentiel de trésorerie. Dépenses en R&D, en communication, en administration, en salaires…
    • remboursement d’emprunts, dividendes
  • Conditions d’octroi dépendent de notre capacité de financement, des fonds propres…
  • Principales sources de financement :
    • Laboratoires
    • Concours de création d’entreprises innovantes
    • Incubateurs
    • Financements bancaires : à la création, auprès de la BPI… Crédits d’impôts possibles

Qu’est ce qui incite un particulier à financer un projet d’entreprise technologique ?

  • Apple a bénéficié du financement d’un business angel ! Steve Jobs reçoit l’aide de Mike Markula en 1977 : 250 000 dollars.
  • Google a attiré premier business angel (100 000 dollars) avant même création d’entreprise.
  • Facebook : apport de Sean Parker, créateur de Napster. En 2009, Bono de U2 y investit 90 millions de dollars.
  • Selon Business Insider, le business angel le plus actif du monde est Xavier Niel. Déjà 300 startups soutenues, dont Deezer
  • Business angel : la confiance avant tout + notre envie de changer le monde, avoir une vision du futur
  • Serendipity : être à l’écoute, transformer les obstacles en opportunités

De la théorie des ondelettes à la start-up « Let It Wave » : le financement du démarrage

Comment un fonds d’investissement peut-il décider de financer une technologie de rupture ?

  • Un fonds d’investissement reçoit de 500 à 2 000 dossiers par an. Seul 1% de ces projets seront finalement soutenus
  • Investissent non pour être les meilleurs sur un marché, mais pour être les premiers. Ne pas avoir de concurrent = pas de marché ! L’investisseur le connait alors mal…
  • Si aide d’investisseur, l’entrepreneur doit accepter de partager son « bébé » : nombreux actionnaires qui ont pouvoir de décision sur lui

SEMAINE 5

Passer de l’académique à l’entrepreneuriat : témoignage d’un chercheur-entrepreneur

De la technologie à la proposition de valeur et au business model

  • Modèle de Solow, prix Nobel de l’économie en 1987 : la croissance d’un pays s’explique par le progrès technique
  • Schumpeter : entrepreneur fait de la « destruction créatrice »
  • Manuels de Frascati et d’Oslo prônent la dépense pour la R&D et l’innovation
  • Jean Tirole, prix Nobel de l’économie (français) en 2014, analyse le pouvoir du marché et de la régulation. Exemple du modèle des entreprises biface
  • « Modèle d’affaires » : selon Osterwalder, repose sur 9 piliers : clients, offres, canaux, relation client, revenus, ressources clés, activités clés, partenaires clés, coûts

Le business plan : importance et limites pour les créateurs d’entreprises innovantes

HEC5

  • Dans équipe, mélange de savoir faire (management) ET savoir-être (ressources humaines)
  • Pas de business plan sans concurrent ! Peut être direct, substitut ou fantôme. Plus l’innovation est intense, plus le concurrent est direct. Ils deviennent identifiables après segmentation du marché.
  • Exemple : Segway. Leurs concepteurs ont voulu en faire une alternative à la voiture. Echec car il s’est avéré que c’est une solution alternative à la marche !

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