Espace Mondial, Sciences Po

INTRODUCTION

Perspectives

  • Trois perspectives :
    • Toute réflexion se rapporte au monde : de même, on réalise quotidiennement des actes internationaux (consommation, communication, …)
    • S’identifier, se situer dans le monde : toute interrogation identitaire se fait par rapport à l’autre
    • Espace : monde de spatialisation multiple
  • 2 800 morts toutes les trois heures à cause de la faim (autant qu’un 11 septembre ; ordre de grandeur)

Contexte

  • Toutes disciplines mobilisées : démographie, philosophie, politique, économie, etc.
  • L’universalité crée la relativité
  • Dans l’idée d’ « État », celle d’ancrage, d’espace figé, … Or, le monde est fait de mobilité !

La constitution d’une science de l’international

  • Thomas Hobbes, sûrement l’inventeur de notre modernité politique avec le Léviathan (1651). Annonce qu’une révolution est en marche en Angleterre et qu’une guerre est en cours dans l’Europe (violence en hausse)
  • Se demande quelle est la mission du politique dans la violence. Politique, seulement « prestataire de la sécurité » ?
  • Échange contractuel sécurité / liberté
  • Hugo Grotius : si le commerce veut prospérer, il faut la paix ! Donc créer les conditions d’une paix véritable uniquement par le Droit. Mais ce Droit s’oppose aux orgueils des dirigeants… Pense à un droit naturel, qui concernerait même Dieu
  • Des deux, c’est Hobbes qui l’emporte car montée de l’expression des opinions et des démocraties

Libéraux et réalistes

  • Vision d’Hobbes : compétition sans limite entre puissants. Preuve par la Première guerre mondiale et ses 13 millions de morts
  • Wilson (président des États-Unis) puis Lowes Dickinson : condamnent la guerre
  • « C’est la puissance qui nous a sauvés du mal », pense t-on au lendemain de la Seconde
  • 1945 : « Power Politics » = l’international renvoie à la puissance du vainqueur ; cette puissance ne s’applique qu’à l’État, porteur d’intérêts nationaux
    • => équilibre de la terreur / puissance
  • Marxistes : adversaires du réalisme… mais aussi des États-Unis ; porteurs d’une solution alternative, …

Transnationalisme et constructivisme

  • « Ecole anglaise des relations internationales » (et non anglo-saxonnes, car GB et USA divergent). Son fondateur est Hedley Bull (1932-1985), libéral, prône libéralisme dans relations internationales
    • Parle de « société internationale » sans remettre en cause la souveraineté de chacun = culture, habitudes, etc. communes à l’international
    • Parle aussi de « solidarité » entre États
  • James N. Rosenau : écrit revue Turbulence in World Politics. Parle de « transnationalisme » et avance l’idée d’espace mondial ; estime qu’il n’existe pas de frontières, …

Une approche française du mondial ?

  • France a subi en un siècle trois fois la défaite :
    • 1871 par l’Allemagne (Prusse) : d’où création de la IIIe République… et de Sciences-Po
    • 1940, bien que De Gaulle donne l’illusion d’un triomphe
    • Dans les colonies : 1954 à Dien Bien Phû puis en 1960 en Algérie
  • France s’est illustrée à l’international dans trois domaines :
    • histoire
    • sociologie
    • droit
  • Pas à proprement parler dans la science politique internationale
  • Emile Durkheim (France) et Max Weber (Allemagne), sociologues, s’opposent. Weber explique que le jeu social s’exerce sur la puissance ; Durkheim parle plutôt d’intégration (influence marxiste ; éviter la violence sociale)
  • Léon Bourgeois invente la notion de « solidarisme » : Pour la société des nations (1907), série de conférences à Sciences-Po. Dit que l’instrument militaire sera bientôt dépassée ; rêve avant l’heure de la Société des Nations (1919) ; prône un élan de solidarité sociale internationales
  • Bernard Guenée

Ruptures contemporaines : de l’international au mondial

  • L’Etat n’a pas disparu : dans une période de crise, on se tourne au contraire vers lui pour plus de protection. Mais il n’est plus en mesure de répondre comme avant la mondialisation
  • 3 aspects :
    • universalisation ratée : avec la décolonisation, on pensait que tous les peuples du monde allaient pouvoir être gouvernés par l’Etat-Nation (fail states) ; concerne Mali, Somalie, Burkina Faso, Congo, … 80% des conflits mondiaux sont dus à l’effondrement des institutions
    • généralisation de l’incapacité de l’Etat : crise de la redistribution ; affaiblissement politique des sociétés du Nord (dites « développées »)

SEMAINE 2 :

Espace, territoire et inégalités mondiales

Introduction

  • Espace = terme générique et très général ; aménagé par l’être humain, résultat d’un travail de la société.

    • Trois fonctions de l’espace : l’ordre, la démographie et l’alimentation

  • Territoire = acception précise ; sorte d’organisation et de manifestation de l’espace

  • Kant dit de l’espace qu’il est un « système de loi organisant la juxtaposition des choses »

Les incertitudes spatiales : territorialiser le politique

  • = Donner une base territoriale à l’action politique, dans le sens de manière d’organiser la coexistence des individus. Or, pour cela, il faut forcément délimiter un territoire

  • Territoire = instrument par lequel un gouvernement s’efforce d’influencer ou de contrôler une population, ainsi que ses relations sociales, en délimitant et contrôlant systématiquement une aire géographique

  • L’homme découpe la nature pour y imposer des territoires

  • Certaines formes de gouvernement n’utilisent pas l’instrument du territoire : nomades, tribus, etc. sont des populations non territorialisées.

  • Empires : territoire non fixe du fait des variations. Exemple de la Chine ou de la Russie (problème du Caucase, de la Tchétchénie, …)

  • Europe : nombre record de territoires alors que le continent est petit par rapport à l’Amérique ou l’Asie

Territorialiser la nation : un monde post-territorial ?

  • L’un est dit « jacobin » (modèle français) : idéal républicain. Il suffit d’être du même territoire pour s’insérer dans la Nation. Droit du sol.

  • L’autre est dit « romantique » (modèle allemand) ou « culturel » : l’idée de Nation est première. Repose sur une langue, une ethnie, une littérature, … Unification territoriale voulue, dont la finalité est de construire « l’État de cette Nation ». Droit du sang.

    • Ce modèle peut mener à l’épuration ethnique, le génocide, … Preuve avec l’Allemagne nazie, Chypre, Sri Lanka, Irlande, Belgique, …

Répartition de la population

  • La moitié de l’humanité est à l’est de l’Asie, mais plus forte implantation sur le littoral chinois (alors que territoires ruraux peu peuplés) => quel rôle de l’urbanisation dans comportements sociaux et politiques ?

  • Banane européenne / épine dorsale de l’Europe : sud Italie jusque sud Grande-Bretagne, via villes rhénanes

  • Afrique : littoral Maghreb, golfe de Guinée, région des grands lacs (aussi celle des conflits…)

  • Amérique : cotes USA, toute l’Amérique centrale, sud-est du Brésil (Sao Paulo et Rio de Janeiro)

Structure de la population

Évolution des groupes sociaux

  • En 2030, selon ONU, les classes moyennes seront la catégorie sociale dominante dans le monde (5 milliards d’individus). 59% résideraient en Asie. En Chine = 75% de cette population (Brésil = 69%)

  • Classes moyennes portent valeurs : consumérisme, libération des mœurs, … Généralement partout pareil dans le monde

Les migrations

  • Pour mesurer immigration, savoir prendre en compte le temps de résidence.

    • En France, tourisme = 70 millions. Or, il n’y a pas 70 millions d’immigrés !

  • Migrations permettent de réguler les déséquilibres démographiques. Seul bémol : savoir la gouverner !

  • Afrique historiquement migrante, mobile. Mais la souveraineté et les territoires sont venus tout changer ! D’ailleurs, qui dit Etat dit « statique »

  • 1945 : Organisation internationale des migrations. Indépendant de l’ONU. Créée pour gérer les flux à l’intérieur de l’Europe après la guerre. N’existe plus.

  • Diaspora indienne aux USA : éduquée, très intégrée. Beaucoup sont à des postes importants (gouverneurs, …). Cette diaspora sert de médiateur entre l’Inde et les USA, notamment lors de la guerre froide où Nehru est du côté des russes

Les inégalités socio-économiques

  • 80% consommation énergétique = ressources fossiles

    • => Compétition entre États mène à un risque nationaliste

  • Chine : en 1970, 1 million de barils ; en 2014 : 17 millions de barils de pétrole par jour !

  • La planète a suffisamment de quoi nourrir tout le monde : norme de 3 400 calories par jour et par personne

  • Depuis 40 ans, la production agricole a été multipliée par 2,4. Donc pas de pénurie de biens alimentaires, mais pauvreté

  • Instabilité alimentaire due aussi à variabilité des prix

  • Aussi problème météo : sécheresse (surtout au Sahel

    • Prix énergie

    • Agro-carburants : produits utilisés comme énergie plutôt que comme nourriture

  • « Insécurité alimentaire » : en 2009, on atteint 1 milliard d’affamés. Tendance à la baisse (850 millions) car restructuration de la population (moins d’affamés en Chine, mais plus en Afrique)

SEMAINE 3 :

Régionalisation de l’espace

Introduction

  • Échelon des « Grandes régions » : intègre des ensembles d’Etats-Nations
  • « Intégration régionale » (NON alliance ou coalition, devenues trop désuètes) = on considère que s’agglomérer à une totalité apporte des bénéfices. Or, une conséquence est l’affaiblissement de la souveraineté
    • Pays baltes : à peine devenus indépendants (1991), ils cherchent immédiatement à intégrer l’UE ; or, conscience qu’ils auraient peu d’importance
    • De même, problème de citoyenneté : d’abord Français ou Européen ?
    • Volonté d’être un mastodonte géographique ? BRICS pioche dans 3-4 continents !

Genèse européenne du régionalisme

  • « Spil over » = débordement. On appel les Etats à une coopération économique, afin que la dimension économique dépasse le politique
  • Premières difficultés :
    • comment organiser les échanges entre Etats ?
    • problème culturel : comment loger l’identité européenne

Actualisation de l’Europe

  • On renonce à une intégration politique (citoyenneté européenne)
  • 1986 : Acte unique européen
  • 1990 : libération des capitaux à l’intérieur de l’Europe ; mise en place des accords de Schengen (signés en 1985)
  • 1992 : accord de Maastricht
  • 1997 : traité d’Amsterdam ; mise en place de l’union monétaire
  • 2005 : rejet de la Construction européenne
  • Mais bons points de l’UE :
    • zones de coopérations entre provinces (bassin rhénan, bassin alpin, …)
    • mobilité des entrepreneurs
    • Bruxelles, lieu de cristallisation ; on ne fait pas toujours appel à l’État => logique institutionnelle

Premières étapes de la construction européenne

  • De Gaulle pense qu’une coopération France – Grande-Bretagne permettra à la reconstruction économique… notamment si mise en commun du charbon britannique
    • Mais cette reconstruction passe nécessairement par l’Allemagne, toujours pour une question d’utilité
  • Schuman, 9 mai 1950, parle de « besoin »
  • 1951 : Traité de Paris => CECA (Communauté européenne du charbon et de l’acier) : France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Benelux
  • 25 mai 1952 : ces Six signent la CED (Communauté européenne de défense) à Paris => déjà spil over. Car on pensée à une armée européenne liée à l’OTAN. L’article 38 prévoit une « structure politique communautaire »
    • ECHEC : 1954, le Parlement français n’est plus d’accord
  • 25 mars 1957 : Traité de Rome => CEE (Communauté économique européenne) et Euratom (Europe du nucléaire civil). De Gaulle s’oppose à l’entrée de la GB dans l’UE… afin que la France la « domine » (leadership). Impossible pour l’Allemagne et l’Italie pour des raisons évidentes
  • Octobre 1970 : plan Verner => on parle déjà d’une monnaie commune

Néorégionalisme

  • Tous les Etats sont inclus dans une région. Monde entier animé par une dynamique de régionalisation
  • Années 40 : l’Etat est mal vu, notamment car à l’origine de la guerre. Puis retournement de logique : on estime que la mondialisation menace à l’État ! => conforter les Etats, éviter leur implosion => Néorégionalisme : première tentative de réguler la mondialisation
  • Pas de théorie ni de système de néorégionalisme => phénomène empirique née par la pratique. Intégration régionale par le bas (à l’initiative de la société, des entrepreneurs, des gouvernements, …) dès 1970. Auparavant par le haut (volonté des États eux-mêmes)
  • On ne pense pas que l’Asie va se construire et se moderniser sur le modèle de l’Europe. L’Asie refuse de copier ce modèle de construction
  • Kenichi Ohnlae, Japonais : The End of the Nation State => estime que l’Asie ne va pas se construire à partir de ses Nations, mais à partir de ses Etats-Nations
  • Robert A. Scalapino, Américain, invente le concept de « territoire économiquement naturel » => dynamique économique des territoire recompose l’espace mondial et régional

Bilan mitigé et typologie 1

  • Premier modèle
  • Organisation des Etats américains. Dès 1948. Composée de 34 Etats (toute Amérique sauf Cuba) intégration a minima. Ensemble juxtaposé, mais sans but de créer une institution.
    • Idem pour UEA (Union Africaine). Sauf qu’en 2004, timide dynamique : création du Conseil de la paix et de la sécurité (sur modèle de l’UE et de l’OTAN). Kadhafi a souhaité ce Conseil pour s’affranchir des puissances occidentales notamment
    • Ligue Arabe, créé en 1945. 23 membres. Mais divisions fréquentes, notamment car le siège est au Caire. Seule action commune : condamnation des actions de Kadhafi
  • Deuxième modèle : visée économique, peu politique
  • ALENA (NAFTA) : Canada, Etats-Unis, Mexique. Voulu par Georges Bush père et mis en place par Clinton. Pourtant, les USA sont anti-régionalistes !
  • SAARC (Association sud-asiatique pour la coopération régionale): Afghanistan, Inde, Maldives, Népal, Pakistan, Sri Lanka, …
  • SADEC : ensemble des pays de l’Afrique australe. 14 États. Progrès dès 1994 (fin de l’apartheid en Afrique du Sud). Ensemble le plus dynamique du continent. Mais l’Afrique du Sud empiète sur les autres !
  • Mercosur. Le plus proche du modèle UE. Créé en 1995 sur bases d’intégration économique, puis sur dimension politique. Preuve, si un Etat ne respecte pas les lois, il est exclu de la région.
  • Troisième modèle : régionalisme ouvert
  • Libre intégration, sans institution

Bilan mitigé et typologie 2

  • Nationalismes. Tous estiment que les valeurs européennes sont distinctes de celles des Etats-Unis, lesquels le reconnaissent eux-mêms (80% environ dans sondages)
    • C’est sur cette base que s’explique les nationalismes, car « comportement d’aliénation politique » (= se sentir étranger aux institutions de son pays ; cas d’un Européen sur deux)
    • La vision technique de l’Europe domine la vision politique et participative… Mêmes symptômes dans le Mercosur
  • Vers un modèle transnational ? S’intégrer avec un État pas forcément voisin, mais avec lesquels on a les mêmes intérêts…

SEMAINE 4 :

Diversification des acteurs

L’avènement du transnational

  • « Société civile internationale » = toutes relations établies dans l’espace mondial sans dimension étatique
  • « Espace public international » = espace de débat à l’intérieur de la scène internationale, où s’invitent médias, ONG, politiques, … Souvent connotée éthiquement (humanitaire, …). Mais existe aussi mafias, trafics, … !

L’avènement du transnational 2

  • Acteur transnational = agit sur l’espace mondial tout en s’affranchissant de la tutelle étatique et en mobilisant ses ressources
  • Par volonté délibérée : peut s’agir d’une multinationale, d’une ONG, … Mais aussi l’individu : en regardant une chaîne étrangère, en consommant étranger, …
  • « Relation transnationale » (se distingue de la relation internationale) = tant qu’il y a un acteur transnational
  • « Réseau transnational » = relation fondée sur un lien faiblement formalisé ou visible
  • The MIT Family Tree : constellation, relations entre différents acteurs transnationaux

Origines, essor et caractéristiques

  • A l’origine, d’abord : essor des télécommunications ; urbanisation et progrès sociaux (« sociétés de masse », disent les sociologues, par opposition à la vie rurale où nos relations sont d’abord familiales
  • Force des stratégies de contournement : abolition des frontières, d’où affaiblissement des contrôles
  • Individus peuvent être acteurs transnationaux : il y en aurait donc potentiellement 7 milliards (parallèlement aux 193 États transnationaux, régis par la diplomatie)

Acteurs individuels agrégés

  • Puisque l’homme est un « animal social », il s’agrège avec d’autres individus
    • A la capacité de se définir (choix d’allégeance) : d’abord Européen ou Français ? D’abord Français ou Breton ?
  • Autre choix, celui de résidence => flux migratoires décidés par les individus seuls !
  • Également : choix de son comportement et de son action, notamment concernant la culture, l’alimentation, la consommation, …
  • « Opinion publique internationale » : exemple, 15 février 2003, 15 millions de manifestants réunis dans le monde contre la guerre en Irak. Preuve que les individus s’intéressent de plus en plus aux questions internationales. S’illustre aussi par : environnement, nucléaire, conflits, … !
  • Opsi : opinion publique SUR l’international
  • Opi : opinion publique internationale = somme des opinions publiques nationales (sondages)
  • Tous deux ont la capacité d’empêcher le champ des possibles, car les gouvernements vont rarement aller à l’encontre de l’opinion de ses citoyens. De plus, joue un rôle dans la légitimation (ou l’inverse) d’une action

Les entrepreneurs : firmes internationales

  • Firmes internationales si :
    • plusieurs lieux de production (au moins deux pays)
    • unité stratégique
  • On en compte 65 000 (mais 700 000 si l’on compte les filiales) => représentent la moitié de la production mondiale ; 200 d’entre elles valent ¼. Des firmes peuvent dépasser le PIB de certains pays !
  • Firmes qui s’implantent pour les ressources : en particulier firmes pétrolières et agricoles. On parle de « pillage du Tiers-monde »
  • Logique de « décomposition » : pour main d’oeuvre moins chère, pour payer moins d’impôts, …
  • Problématique : que faire des bénéfices ? Les investir dans le pays d’origine, dans le pays d’implantation, dans un paradis fiscal ?…
  • « Produit global » : un même objet conçu en plusieurs lieux

Les ONG

  • Association privée, créée par des particuliers, sans but lucratif
  • 12 fois plus d’ONG aujourd’hui qu’en 1960. Seulement une dizaine d’ONG en 1945 !
  • Puissants par leurs moyens financiers et leur déploiement dans le monde

Les entreprises de communication

  • CNN reçu dans 180 millions de foyers dans le monde (soit 500 millions de personnes, ou 1 milliard si l’on considère le bouche à oreille ; mais au-delà d’un milliard si on considère les abonnements aux programmes CNN, etc.)
  • Donc, tout choix (parler d’une chose au détriment d’une autre) a une énorme répercussion

La privatisation de l’Etat et de la diplomatie

Le modèle triangulaire

  • Ces acteurs se détestent mais doivent vivre ensemble et coopérer ! N’aime pas, par exemple, les acteurs transnationaux car ils regardent ailleurs ? N’aime pas non plus les entrepreneurs identitaires, qui excluent ceux qui ne leur conviennent pas
  • Ce modèle montre sur quoi reposent les conflits, mais aussi les coopérations

SEMAINE 5 :

Relations transnationales et mondialisation

Introduction

  • Global politics : idée (anglo-saxonne) qu’il y aurait quelque chose de commun à tous dans l’espace mondial
    • « Régulation globale » : assure la survivance de l’être
  • Mondialisation pose les dilemmes entre :
    • puissance / intégration
    • Anthropie (tendance à l’auto-destruction) / homéostasie (auto-défense et régulation autonome)
    • marché / biens communs (air, eau… mais aussi beaucoup d’autres!)
    • coexistence (juxtaposition des Etats) / interdépendance (dépendance des États entre eux)
    • régionalisation / inter-régionalisme
    • unité / fragmentation (« blocalisation »)

Une évidence trompeuse

  • Jan Art Scholte, dans Globalization, a critical introduction, pose les différentes incarnations de la mondialisation plutôt que de la définir
  • Symptômes de la mondialisation :
    • inclusion : elle remet tout en cause…
    • mobilité : acteurs, mais aussi enjeux, qui se déplacent
    • interdépendance

Le bouleversement de la communication

  • Elle abolit la distance… sur ce quoi reposait les relations entre États !
  • 1988 : câble de fibre optique entre l’Europe et les USA
  • Des mondialisations ont pu exister par le passé, mais l’actuelle est la première à s’appuyer sur la communication instantanée

Hypothèse 1 : la fluidité

Hypothèse 2 : l’hégémonie

  • Charles Kindleberger : pense qu’il n’y a pas de stabilité sans stabilisateur (leader qui assure la régulation) ; d’autant plus nécessaire en période de crise
  • Robert Gilpin : « leader bienveillant » a le plus à perdre d’une déstabilisation internationale ; donc aide beaucoup : militaire, humanitaire, … Ce qui, à la fin, fait perdre son leadership !
  • Hégémonie douce : par exemple, prédominance du cinéma et des séries américains, …

Hypothèse 3 : l’exclusion

  • Inégalité dans l’accès aux ressources
  • Les USA dépendent, en termes de ressources, de 60% de l’extérieur. Plus encore le cas en Europe (sauf Norvège)
  • Moyen-Orient détient 2/3 du pétrole => sorte d’îlot auquel le monde entier est dépendant
  • Europe : première puissance commerciale du monde !

Hypothèse 4 : l’inégale intégration sociale

  • PIB USA : 15 000 milliards de dollars
  • PIB Congo : 15 milliards de dollars
  • PIB Libéria : 1 milliard de dollars !!!
  • IDH : PIB par habitants ; taux d’alphabétisation et de scolarisation ; espérance de vie

Gouvernance ou turbulence : les débats

  • Fondements de la « gouvernance », néologisme apparu dans les années 70
  • Management : à la même époque
  • Rapport Meadows, 1972, en faveur d’une limitation de la croissance. Sinon risque de dysfonctionnements, notamment sur l’environnement (autre préoccupation naissante!)
  • Rapport Brundtland, 1987, introduit le concept de « développement durable »
  • Reagan et Tchatcher : incarnent cette nouvelle mondialisation ; conscience qu’il faut laisser l’initiative aux acteurs privés
  • Libéralisme :
    • laisser aux agents économiques la responsabilité de la régulation économique : retrait de l’Etat
    • fin des subventions publiques
  • Mais de là, quelle légitimité de l’Etat face au marché ? Suite à la crise, on appelle au retour de l’État !

Biens communs et sécurité humaine

  • 1994, 7 sécurités définies par le PNUD :
    • alimentaire
    • sanitaire
    • environnementale
    • économique
    • politique
    • culturelle
    • individuelle (droits de l’Homme)
  • => L’homme doit en disposer sans confrontation
  • ONG, acteurs religieux, … peuvent garantir ces sécurités

Turbulence et déviance

Privatisation de la violence et flux mafieux

  • 2 000 milliards de dollars : chiffre d’affaires de la violence mafieuse
  • Viol, drogue, trafic d’organes, trafic de déchets (« Etats-poubelles »), actes de piraterie, fraude fiscale, blanchiment d’argent, …

SEMAINE 6 :

Les identités

Introduction

  • 5 problèmes derrière la notion d’identité :
    • d’acteurs : tous se réclament d’une identité (« culturalisme » ou « déterminisme culturel »)
    • construction : si un Etat n’a pas d’identité, on leur en prête une. Identité oriente système politique
    • relations internationales : concurrence, voire affrontement, mais aussi coexistence (« choc des civilisations » résultent des multiples identités qui existent dans l’espace mondial)
    • conjoncture politique
    • aspect régulateur : le législateur doit garantir aux identités minoritaires un droit d’existence
  • Toronto : composée de 44% d’individus nés hors Canada ; exemple de pluralité culturelle

Querelles de définition : autour de l’identité et de la culture

  • Cité : association d’individus différents qui choisissent de vivre ensemble. Mais dès lors, quelle identité collective ? Comment se présente t-elle devant les autres cités ?
  • Identité = construit social. Pas d’identité naturelle !
  • Concept de « culture » = substance de l’identité. Apparaît dès les XIXe avec le colonialisme, où l’on rencontre l’autre. D’où profession d’anthropologue
  • Souvent tendance à énumérer la culture : c’est ceci, c’est cela, …
  • Culture comme système de codes et significations. Il y a dissonance si deux individus n’utilisent pas les mêmes signes (langage, insultes, …). Preuve par posture que se donne le monde occidental, persuadé que son système de codes est le même partout

Construction politique de la « crise identitaire » : l’exemple de la partition indienne

  • Naît quand il y a trop de différences entre la communauté réelle et la communauté perçue personnellement
  • Crise identitaire existe… car entretenue par des acteurs, souvent politiques, qui ne cessent de pointer du doigt cette crise
  • Exemple de la partition de l’Inde en 1947 : auparavant, on parlait des « Indes » sous administration britannique. Dès début XXe siècle, sorte de marché politique se développe dans les Indes : Ligue Musulmane se veut porte-parole des musulmans (minoritaires) ; se distingue du Parti du Congrès (espoirs autonomistes et indépendantistes)
    • On fait voter musulmans et autres… en collèges séparés !
    • Dès lors apparaît Muhammad Ali Jinnah, homme très occidentalisé et surtout pro-britannique
    • Abul Ala Maududi, islamiste, opposé à Ali Jinnah… qui proclame la naissance du Pakistan où l’islamisme domine => exil des Indes indépendantes fuient et s’y installent. A l’époque, partie orientale séparée du gros bloc du Pakistan : est devenu Bangladesh
    • Pakistan : du fait de la multitude de langues, la nation se cherche une identité pendant 20 ans
    • Ali Bhutto : populaire… mais aussi populiste. S’adresse à la paysannerie pauvre du Pakistan. L’un des rares élus par les urnes ! 1979, il est pendu par son ennemi Muhammad Zia-ul-Haq. Lequel installe une dictature musulmane… Laquelle tombe avec Benazir Bhutto… assassinée en 2007
    • Pakistan : de nombreuses tribus dont le point commun est l’islam sunnite. Pakistan devient « République islamiste du Pakistan »
    • Nehru se tourne vers l’URSS, et le Pakistan vers les USA

L’ethnicisation du monde

  • Karachi : taux de suicide de jeunes le plus élevé au monde ; idem sur taux d’affamés urbains
  • Sri-Lanka, partition entre :
    • Tamul : hindouistes
    • Singalais : bouddhistes
  • Père de Bachar al-Assad soutient kurdes de Turquie… rien que pour embêter le gouvernement turc => création du PKK
  • => manipulation de la minorité de l’autre pour l’affaiblir (autre exemple : serbes de Yougoslavie)
  • Au Rwanda : hutus contre tutsis, conflit alimenté par théories du complot. On s’invente des bouc-émissaires pour garder le pouvoir => non ethnicisme inné, mais jeu politique

Les appels identitaires

  • Causes de l’ethnicisme, 5 facteurs :
    • effondrement des idéologies (socialiste, capitaliste, …). Dès fin des années 80, on parle de « fin des idéologies), notamment avec déclin de l’URSS et fin de la bipolarité. Egalement, fin des idéologies nationalistes
    • dysfonctionnements des institutions, fondées à la va-vite au moment des indépendances
    • effondrement des empires : après 1945, fin de l’URSS, de l’empire de Chine, Ottoman…
    • échec des logiques de réintégration : on pensait que les processus d’intégration allaient effacer les particularismes (basque, breton, corse, …) => effet inverse, puisque euroscepticisme jamais vu

L’irréductibilité à la nation et au nationalisme

La périlleuse ethnicisation du système international

  • Instrumentalisation politique de la culture : elle sert à ceux pour qui elle n’est pas faite
  • 1995 : accords de Dayton pour la Bosnie
  • Politiques de ghettos : apartheid en Afrique du Sud
  • Renaissance périlleuse des idéologies : populisme
  • Fondamentalismes : penser régler les problèmes en revenant aux fondements
  • Rapport Cobo revendique un droit à la minorité

SEMAINE 7 :

Le retour du sacré

Introduction

  • 4 problémes de la religion dans l’espace mondial :
    • acteurs : capacités d’influence sur les Etats, capacités à se saisir des flux transnationaux, …
    • identifier une religion à un système politique
    • substantiel / culturel : rapport entre religion et société dépend des Etats ; de même, plusieurs courants dans les religions elles-mêmes
  • Durkheim, dans La Vie religieuse, sépare :
    • profane : ce qui est atteignable par l’homme
    • sacré : sur-humain, ce qui échappe au contrôle humain
    • Il dit que « les dieux s’éloignent de l’Olympe » : rapport avec modernité et maîtrise de l’homme sur son monde (positivisme)

Repérages statistiques et historiques

  • Catholicisme « romain »
  • 1,2 milliard de fidèles aujourd’hui ; 225 millions en 1900. Historiquement en Europe du sud, mais s’exporte en Amérique du sud et en Afrique centrale et ancienne Afrique portugaise
  • 1054 : christianisme , jusque là unifié, fait l’objet du schime. Dès lors, scission entre :
    • christianisme oriental : orthodoxes (200 millions aujourd’hui, contre 115 millions en 1900) ; Eglise et politique sont liées
    • christianisme occidental : système politique affaibili ; autonomisation religion
  • 1517 : Réformés. Prône qu’on ne peut pas racheter ses péchés : on est prédestiné
  • Protestants : 142 millions à 600 millions de 1900 à aujourd’hui. Davantage au Nord de l’Europe, puis s’exporte en Amérique du Nord, Afrique sud, Amérique latine, Australie
  • Islam
  • A partir d’une critique religieuse à la Mecque, condamnanr l’idolâtrie, le Prothète fonde une nouvelle religion et une nouvelle cité, Médine, (donc religion rejoint le politique)
  • 1900 : 200 millions de fidèles ; 1,3 millard aujourd’hui
    • Dont schisme, division à l’intérieur de l’islam avec 150 millions de fidèles ; de nature autoritaire, mythologie messianique (Messie). 1979, révolution iranienne : on a vu un Messie en Rohmani.
    • Dont sunnisme : plus centralisé, moins hiérarchique. Relation directe avec Dieu
  • Judaïsme, avec 15 millions de fidèles. Moitié en Israël, moitié dans la dispora (USA, Europe, …)

    Dont hindouisme : population classée en niveaux de pureté

  • Bouddhisme, 350 millions de fidèles : contre souffrance et surrout conscience de souffrance. D’abord en Inde mais, suite au système de caste, s’étend vers le nord (Himalaya, Tibet, Chine, …) => « bouddhisme du grand véhicule » ; et vers le sud => bouddhisme du petit véhicule »
  • Au Japon, le bouddhisme fusionne avec le shintoïsme

Les modèles chrétien romain et chrétien réformé

  • Romain
  • Caracttère centralisé et bureaucratisé le distingue des autres religions. De même, pouvoir délégué (Pape, Roi, …)
  • Idée sacramentelle : délégation autorise représentant de Dieu de gérer sur Terre les sacrements défendus (pénitence, …). Eglise = intermédiaire entre Dieu et hommes
  • Faiblesse : centralisation tellement forte qu’elle empêche la pluralité et la contestation. « L’Eglise ne connaît pas la démocratie » (Jean-Paul II)
  • 600 000 conversations par an entre christianime romain et réformé en Amérique sud de nos jours

Les modèles musulmans

  • But de l’islam : unir suite aux guerres claniques. Loi de Dieu = « Charia ». Seul Dieu est unité, donc seul lui est source de connaissance pour l’homme. Pas de délégation
  • Connaissance de la loi de Dieu = le « Al » le détient

Actions, politiques, autonomies

Action politique autonome

  • Christianime romain : au Vatican, secrétaire d’Etar a la fonction de Premier ministre. Instruments de propagande : Radio Vatican, en 50 langues, donne position officielle de l’Eglise. Chose inédite !
  • 1984 : forte réactivité à l’occasion de la réforme de l’école et le projet d’aide aux écoles privées. Puis en 2013 : Manif pour tous
  • Protestants : mobilisation par le bas ; le fidèles prennent eux-mêmes les initiatives. Oeuvrent aux missions humanitaires en particulier
  • Islam : foi et pratique / Islamisme : pratique sociale et politique. Carte de l’islam se superpose à la carte des souffrances humaines et faiblesse de l’IDH
    • 4 niveaux de la construction politique de l’islam
      • ceux qui se réclament de l’islam pour s’approprier le pouvoir
      • légitimer le pouvoir / légitimation religieuse… D’où imposition de la charia…
      • si création de réseaux transnationaux
      • porteur de contestations politiques
  • Au XIXe siècle :
    • résistance du monde musulman au monde occidental par la pensée (ahda)
    • Abduh (Egypte) : veut affirmer une modernité musulmane opposée à l’occidentale
    • réaction intellectuelle (débat d’idées) PUIS mouvement social réactif. Islam comme instrument de combat
    • Hassan el-Banna fonde le mouvement des Frères musulmans : dans le delta du Nil, dans une ville en bordure du canal de Suez, donc dominée par pouvoir occidental. Il reçoit une bourse pour étudier en Europe… mais la refuse, une première ! Réunit 200 000 militants dès les premiers temps.
      • Fait résonner revendications sociales et discours théologiques
  • « Fitma » = désorde de l’impiété
  • Inscription dans la mondialisation : salafisme = retour aux pieux ancêtres / fondamentalisme. Plusieurs moyens :
    • sans recours à la politique à la cité; pure religion
    • à l’inverse, salafisme politique = cité d’une religion ressuscitée
    • par le djihad…

SEMAINE 8 :

Logique de puissance et de régulation

Introduction

  • Normes et institutions internationales
  • Lesquelles sont interpretées en fonction des choix et besoins des acteurs de l’espace mondial
  • Agir pour se protéger des normes : ne pas se laisser entraver, …
  • « Etat » comme obsession : vie internationale considérée comme juxtaposition d’Etats, lesquels se croient seuls sur scène
  • Etat inventé à la fin du Moyen-Age, après déclin d’un christianisme dominant : propre de l’Europe occidentale… Mais ne peut se dupliquer de la même manière dans toutes les sociétés du monde
  • Etat : Bertrand Badie le définit ainsi : E = sp (c + d + i + t + s). 5 traits fondamentaux qui le distinguent des autres systèmes politiques :
    • centralisé / center building : suppose une coordination politique en son centre. Exit systèmes féodaux, claniques, fédéraux
    • différencié : différenciation des fonctions politiques des fonctions sociaux ; « sortie » du politique, distinct du marché, de la famille, … ; étatisation forte, contrairement aux régimes anglo-saxons
    • institutionnalisé : règle distinct de l’acteur ; le prince n’est pas proprio des institutions. Trésor public se distingue de la « cassette privée »
    • territoire : frontières
    • souveraineté : l’Etat dispose de l’autorité première. Voir => Jean Bodin, philosophe, en 1576

L’Etat, acteur international

  • 1648 : Paix de Westphalie
  • Puisque les Etats sont souverains… ils sont contraints à la concurrence ! Usage de la force légitime, déjà à l’époque des princes, royaumes, … Au XXe siècle, on règlemente ces conflits, notamment par limitation des armes…
  • Système international s’approprie le système de l’Etat… en le pervertissant ! 5 caractéristiques :
    • souveraineté passe dans le système international (« souveraineté des Etats » légitimée). Adage : « Charbonnier maître chez soi ». 1933 : on estime que ce qui se passe en Allemagne… est une affaire qui ne regarde qu’elle !
  • Etat peut s’inventer des ennemis imaginaires : « comportement de racket » ; en joue pour faire marcher sa légitimité
  • Tendance au découpage d’Etats en Etats de plus en plus petits
  • Compétitivité interétatique : système international = concurrentiel… sans la guerre ?

L’Etat acteur de l’espace mondial

  • Etat, seul acteur à passer des traités, conventions, droits, … Impensable une assemblée générale des ONG du monde !
  • Etats tellement différents des uns des autres que l’harmonie est compliquée
  • Etat trop considéré comme être de raison : « La France pense que… ». MAIS chaque Etat est composé d’acteurs, de partis politiques, d’institutions privées ou officielles, … Personne n’est donc sur la même ligne

La difficile universalisation de l’Etat

  • Echec de l’universalisation = à l’origine de la plupart des tensions actuelles…
  • Europe : 6 siècles pour se former en Etats-Nations. Mais en Afrique, cela s’est fait immédiatement lors de la décolonisation. Ces pays cherchent donc à imiter les autres (humiliateurs?) … mais y échouent ! Exemples : Nasser, Nehru (qui a étudié à Cambridge, donc pensait anglais), Gandhi (Oxford)
  • Sukarno (indépendance Indonésie) : études d’ingénieur à Jakarta… Mais se voue au marxisme et nationalisme, …
  • Ho Chi Minh : chinois, adhérent au Parti communiste français, l’exporte ensuite au Vietnam

Les échecs de l’Etat importé

  • Etat importé : de facture occidentale, chrétienne, …
  • Ceux qui s’en inspirent ont une autre histoire, autre société, … => dissonance !
  • Si manque de légitimité : appel à l’autorité
  • Puis l’Etat se sépare de la société : il cherche alors des soutiens à l’extérieur (clientélisation aux autorités de tutelle, notamment auprès des anciens colonisateurs)
  • Sékou Touré (Guinée), lui, cherche protection auprès de l’URSS, puisque brouille avec la France : URSS le soutient… en leur donnant des motos de neige !!!
  • Face à l’échec des Etats importés : restaurer les empires ?! Malraux dit : « Allons-nous assister à la renaissance des grands empires ? ». Mao Tsé Tong répond oui
  • Renaissance, d’ailleurs, Europe encerclée d’empires (prusse, ottoman, …)
  • Ou retour des micro-communautés pour réinstaurer équilibre ?

La diversification internationale des Etats

  • « Etats-virtuels » : exemple de Singapour, 15e exportateur mondial malgré sa très faible superficie (581 km²) ; de Dubaï, Doha, Hong Kong, … Estime que absence significative de territoire n’est pas une marque de faiblesse… au contraire !
    • Suzanne Strange pense que l’URSS a disparu à cause de sa trop grande superficie
  • Micro-Etats : tout Etat qui a population inférieure à 1,5 million d’habitants, généralement insulaires. Exemples : Tuvalou (10 000h), Palao (avec à sa tête un originaire du Texas!), Monaco, Vatican. Conscience que leur taille ne leur permet pas d’avoir une grande voix sur la scène internationale ; de même, sont davantage concernés par catastrophes naturelles
  • « Etats- »manqués »/ »effondrés » » : sous Bush père, USA intervient en Somalie malgré absence de mandat et malgré souveraineté de Somalie. De là, se fait mandater par l’ONU en 1992 => échec des opérations
    • Critères : incapacité à gouverner ses sujets et déficience des Etats (mais quelle objectivité?!)
    • Failed States Index repose sur égalité, pauvreté, légitimité, nature des services publics, rôle des élites, … Problème : Etats autoritaires classés au même rang qu’Etats démocratiques
  • « Etats rentiers » : Terry Carl, américaine, à propos du Vénézuéla. Tout Etat qui tire une grande part de ses revenus de ressources donnés sous forme de rentes. Souvent Etats pétroliers et gaziers.
  • Trois caractéristiques :
    • dépendance aux firmes
    • rente devient source de revenus remarquable (Qatar, …)
    • développement anormal de ses Etats. S’ils sont rentiers, n’estiment pas nécessaire de se construire leur propre économie, élite, bourgeoisie, … Pas de société civile.
  • « Etats- »voyous » » : concept apparu vers 1995, d’auteur inconnu (Clinton ?), suite à la chute de l’URSS, qui fait que les USA n’ont plus d’ennemis. Donc trouvent des ennemis de substitution ! Avant 11 septembre : découvre ennemi asymétrique, pas à sa taille = petits Etats qui n’ont aucune chance de gagner mais sont aptes à nuire
  • Critères :
    • ceux qui gênent la démocratie américaine ? Iran, Irak, Corée du Nord, Libye, …
    • atteinte aux droits de l’homme (pourtant, en Arabie Saoudite…), armes de destruction massive (idem, Pakistan…)
  • « Etats déviants » : Etats détournent les règles pour renforcer leur position sur scène internationale. Ex : Corée du Nord
  • « Etats non reconnus » : notion relative, puisque dépend de l’appréciation de chaque (Communauté, ONU, …). Ex : Somaliland, Pountland, îles Moluk, nord-Birmanie, Sahara ex-espagnole intégrée par Maroc

SEMAINE 9 :

La puissance

Introduction

  • Puissance selon : ressources, usage qu’on en fait, capacités,
  • Puissance se distingue du pouvoir sur principe que tous les moyens sont bons. De même, elle diffère selon la situation : être puissant face à X n’est pas être puissance face à Y
  • Capacités d’agir, d’empêcher et de peser sur les décisions

Aux origines de la théorie

  • Thomas Hobbes : puissance = principal attribut de l’Etat / du Léviathan
  • Gladiateur = installe la sécurité nationale
  • Relations internationales doivent maintenir équilibre permanent des puissances
  • Dilemme de sécurité / course aux armements : on renforce notre puissance au fur et à mesure que nos voisins se renforcent !
  • Otto von Bismarck : en 1871, définit système européen. Sait que la France va se venger. Veut installer équilibre pour éviter que la guerre ait de nouveau lieu
  • Preuve de puissance : victoire / guerre (mais évidence trompeuse!)

Marqueurs et facteurs de puissance

  • Corée du Nord consacrerait 25% de son PIB dans les dépenses militaires ! Puis 10% Arabie Saoudite, …
  • En terme de montant, USA en tête de classement, suivi de la Chine (cependant, se rappeler que 1$ en Chine est plus avantageux que 1$ aux USA)
  • + 12% d’augmentation de ces dépenses par an en Chine et en Inde

Marqueurs et facteurs de puissance 2

  • Valls : « Une croissance économique de 5% équivaudrait aux USA à remplacer l’allié britannique »
  • Puissance économique se mesure avant tout par PIB
  • PIB Californie = PIB Grande-Bretagne
  • PIB Texas = PIB Canada
  • De plus en plus, on mesure la puissance technologique. Indice : nombre de chercheurs par habitants (1er Japon : 80 chercheurs pour 10 000 actifs), puis Chine, USA ; Europe : 44/ 10 000!)
    • => Europe a capacité d’innovation deux fois moindre que l’Asie
  • BRICS = 36% du commerce mondial !

L’exemple de la puissance nucléaire

  • Avec arme atomique : on ne fait plus la guerre pour gagner mais pour détruire => puissance de dissuasion
  • 1945-1949 : seule l’USA détient l’arme nucléaire. URSS en demande l’interdiction
  • 1949 : dissuasion devient compétition car URSS se dote de l’arme nucléaire. On parle alors de « non-prolifération »
  • Détente = vise à éviter la course infinie aux armements. Négociations de SALT I (1972) & II (1979)
  • 1991 : traité START I (réduction) & II (jamais appliqué) & III (2010, jamais appliqué)
  • Israël, Inde, Pakistan, Boutan : refusent le TNP (Traité de non-prolifération). Raison : il faudrait surveiller tous les Etats pour savoir s’ils oeuvrent ou non à un programme de recherche nucléaire
  • Quelle frontière entre nucléaire civil et militaire

Soft power et smart power

  • Entrée de la culture et de la force populaire dans les conflits militaires
  • Qu’est-ce que la puissance dans une logique d’interdépendance
  • Grands Etats sont veufs de leur puissance : n’empêchent pas les enfants-soldats, les conflits en Afrique, …
  • Soft power : pouvoir non plus sous la contrainte mais sous l’adhésion. Terme apparaît fin 1970
  • Smart power : terme apparaît fin 1990. Idée qu’on ne peut pas combattre le terrorisme par le soft power. Il faut donc un pouvoir « intelligent ». « Ce n’est pas seulement en cognant que… ». Ex : DRONES !

Puissances émergentes

  • Détection dès 70-80’s, émergence des « Quatre dragons » asiatiques : Singapour, Hong Kong, Singapour, Taïwan. On y sent un frémissement économique
  • « Jaguars » américains :: Mexique, Brésil, … Croissance rapide et forte du PIB, entrée active dans la mondialisation, maîtrise des institutions bancaires, apparition de pays exportateurs nouveaux
  • Exemples en Chine et au Brésil : puissances émergentes ayant de fortes disparités régionales. Le développement ne profite pas à toutes
  • Pays « émergent » aussi selon l’avis des agences de notation
  • Grâce aux BRICS, acteurs politiques se trouvent des affinités, alors que continents différents ! + Programmes de développement communs => diplomatie émergente
    • Dilma Rousseff dit : « On a tous un avenir d’humilités »
    • Tous ces Etats sont à la fois du Nord et du Sud !

Les apories contemporaines de la puissance

  • Regression de l’appareil militaire, lequel n’agit pas d’Etat à Etat, mais d’Etat à société
  • Adhésion sociale aux entreprises de violence : d’où les enfants-soldats, …
  • Susan Strange dit qu’à travers nouvelles technologies = nouvelles ressources de puissance / méta-puissance
    • Puissance elle-même n’a pas disparu : preuve, les Etats ne désarment pas ; au contraire, ils améliorent leurs armes !
  • Europe intervient de plus en plus en dehors de chez elle : interventions. Elle se sent le devoir de punir (comme en Syrie). D’où un changement de rôle du militaire
    • On se fait le gendarme du monde… en l’absence de gendarmerie !
  • 2 : Difficile de définir un régime de sécurité collective depuis fin des deux blocs => système sans ordre ni pôle => monde apolaire. Puisqu’autonomie, comportement imprévisible
  • 3 : Rôle pris par l’espace public => irruption de la société (civile) dans le débat et les conflits internationaux

SEMAINE 10 :

Paix et guerre

Introduction

  • Guerre : conflit entre Etats avec usage de la force
    • Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations : pour lui, aboutissement paroxystique d’un conflit millénaire
  • « Guerre privée » / duels
  • Peut-on parler de guerre si grandes différences entre protagonistes ? Exemple au Mali : puissance nucléaire VS. puissance armée
    • Guerre introduit idée de parité ou de guerre égale
  • Conflits intra-étatiques : Mali, Congo, … = vraiment des guerres ?

Hier : l’appréhension classique de la paix et de la guerre

  • Invention de la guerre au fil des siècles : possible « doctrine » de la guerre
  • Hobbes : les Etats étant souverains, ils sont donc dans une compétition infinie de puissance. Moyen d’éviter guerre permanente => minimum d’équilibre des puissances / balance of power. Conception dépassée depuis quelques temps
  • Carl von Clausewitz, dans De la guerre, reprend la conception de Hobbes. Ecrit : « La guerre est la poursuite de la politique par d’autres moyens » => guerre intimement liée à la politique étrangère
  • Carl Schmitt, impliqué dans le nazisme. Estime qu’on existe dans la confrontation avec l’ennemi
    • Cette conception ami / ennemi restera pendant longtemps la conception occidentale de la guerre => celui qui ne fait pas bloc avec le chef
    • Histoire d’autres continents ne correspond pas à celle de l’Europe ! Donc matrice de la guerre différentes

Typologie et comparaison

  • Depuis 1648 (ratification du traité de Westphalie), 600 guerres en Europe, le nombre allant croissant siècle après siècle
    • 90% des victimes sont au XXe siècle, notamment en raison de la « modernité politique !!! La guerre se socialise, n’est plus l’affaire des seuls soldats (notamment dans l’aristocratie)
  • Guerre s’est diversifiée depuis 1945 ; de plus, elle tente de se généraliser à l’ensemble de l’espace mondial => elle se retire de l’Europe mais se renforce ailleurs
  • Quincy Wright : note qu’il est absurde de quantifier la guerre selon le nombre de morts (effets indirects non pris en compte : épidémies, grippe espagnole, famine, …)
  • Quels objets des guerres : libérer des peuples, élargir un empire, … ?
  • Pendant la guerre de Cent Ans, une bataille fait « seulement » 2 000 morts. Aujourd’hui, on compte par centaines de milliers. Toutes les familles ont « pratiquement » toutes été touchées par les deux GM
  • « Coexistence pacifique » a fait 36 millions de morts !
  • Guerre du Vietnam : 3,5 millions
  • Idées que les victimes des guerres modernes sont plus au sud qu’au nord. Guerres causent peu de pertes humaines en Europe
  • Guerre du Golfe : 300 à 400 milliards de $
  • Guerre en Afghanistan : 1 000 milliards de $

Vers de nouveaux conflits internationaux ? Définitions

  • NCI : Nouveaux conflits internationaux. Deux écoles s’affrontent :
    • New & Old wars, Mary Kaldor : estime que les conflits modernes ont tellement changé de nature qu’on ne peut pas mettre dans le même sac anciens et nouveaux conflits
    • Coline GRAY, An other bloody century
  • Un conflit sur six est interétatique

Vers de nouveaux conflits internationaux ? Contextes

  • Différentiel de puissances : USA / Vietnam ou Afghanistan
  • Changement de valeurs : guerre comme genre noble. On ne condamnait pas la guerre, jusqu’au moins la 2nde GM
  • Brouillage de légitimité : violence privée (crime = illégal) / violence publique (raid, intervention = légitime)
  • Changement de signification de la guerre : guerres entre puissants par le truchement des pauvres (exemple lors de la guerre froide)

Vers de nouveaux conflits internationaux ? Données

  • Nouveaux conflits sont causés surtout par effondrement des Etats. Agents non étatiques s’engagent donc dans conflits : seigneurs de la guerre (n’ont pas d’ambassade, ne sont pas responsables devant les institutions internationales, sont instables, dépend seulement de la guerre)
    • Au Mali, 40 groupes armés : apparaissent, disparaissent, fusionnent, … => difficulté pour le médiateur de guerre
  • Dans conflit inter-étatique, les instruments deviennent des fins : on mobilise population par arguments totalitaires ;
    • guerre est ce qui permet de reproduire économie de guerre : trafics, mafias, contrebande, … => si on fait la guerre à la guerre, on tombe dans une spirale infernale !
  • Rôle des catastrophes écologiques dans les guerres :
    • Conflit du Darfour : 300 000 morts, 2,7 millions de déplacés. Sécheresse depuis 10 ans au Soudan => pasteurs du Soudan s’installent au Darfour pour continuer agriculture, …
    • Idriss Deby, président du Tchad, a soutenu ALS et MJE, donc alliance avec mouvement d’islamistes rebelles
    • Deby confronté à un autre problème : plus d’eau dans le lac Tchad => veut déstabiliser Centrafrique qui dispose de l’eau en amont
  • Conflits à coûteaux : dits « conflits à basse intensité » !

La révolution des affaires militaires

  • Réflexion amorcée début 1980 (avec Brejnev) en URSS. Prône de moderniser les affaires militaires : fin d’une armée de masse (qui ne fait plus sens) au profit d’une armée plus techniques. D’où réintroduction de l’arme nucléaire (dissuasion)
  • « Guerre zéro mort » : frapper l’ennemi à distance sans prendre le moindre risque. Exemple avec cyberguerre ou drones. Idée qu’on peut le mettre à genou sans entrer en contact avec lui

La reconstruction contemporaine de la paix

  • Paix :
    • par désarmement. Première fois avec conférence de La Haye en 1899 => désarmement de l’Europe. Initiée par tsar Nicolas II… mais pour des raisons économiques ! Il est conscient de ne pas pouvoir payer l’armement
    • « positive ». Pensée avant l’action. Initiée par Bruce Russett et Michael Doyle. Idée que la paix augmente avec la démocratie ; la développer c’est éviter les guerres. MAIS : seul usage atomique provoqué par une démocratie ! Montée / pression des opinions publiques (exemple : contre la guerre en Irak en 2003)
    • par diplomatie préventive. Dès sortie du conflit est-ouest. Travailler sur le sort des minorités. Pacte de stabilité signé à Istanbul en 1999. Créer une surveillance permanente pour voir comment ces minorités évoluent (ex : Yougoslavie)
    • par sécurité. On ne considère la paix… que dans un état de guerre !

SEMAINE 11 :

Le système international

Introduction

  • Domination bipolaire encore à l’oeuvre, mais moins définissable que lors de la Guerre froide. De là, quel jeu d’équilibre, quelle balance of power ?
  • Pose la question des inclus et exclus au système international : aujourd’hui, presque tous les Etats en font partie… mais à des degrés divers

De Westphalie aux concerts européens

  • Paix de Westphalie (1648, met fin à la Guerre de Trente ans) marque le début du système international. Empire germanique représente… près d’un millier d’unités politiques, sans continuité territoriale (terrotorialité = concept récent) et hautement personnalisés !
  • 1814-1815 : traité de Vienne. Gouvernants entreprennent de se rencontrer régulièrement, d’assurer le bonheur des Européens, …
  • « Diplomatie de concert » : ordre international stable si on se réunir régulièrement pour assurer cette stabilité. On refuse de toucher aux frontières, aux ordres politiques (conservateurs)
  • Sorte de G4 ! Roi de Prusse, de Grande-Bretagne,d’Allemagne et tsar de Russie. Sans Napoléon, défait ! Déjà invention du « mini-latéralisme » : on délaisse les faibles Etats
  • Intervention française en Espagne : 1823
  • Intervention autrichienne à Naples : 1822

L’échec du système versaillais

  • Puisque France a perdu en 1870, le système international cherche l’empêcher de prendre sa revanche. On prône un jeu d’alliance entre Prusse, Russie et Autriche-Hongrie. Devient quadruple alliance avec Empire britannique
  • Traité de Versailles : réinvention du système international

Le multilatéralisme

  • Renvoie à la compétition westphalienne. Conception d’un monde à plus de deux acteurs pour créer un « ordre international »
  • Roosevelt, pragmatique, propose organisation multilatérale. Congrès refuse. Propose alors le droit de veto
    • => Constitution du Conseil de sécurité à 5 acteurs
    • Multilatéralisme : mort-né, puisque donne lieu à bipolarité
  • ONU : 49 Etats fondateurs. Afrique accède très tardivement, dans les années 90. Allemagne entre en 1971. Universalisation lente et non complète : encore des Etats hors ONU. Système onusien reste celui des vainqueurs : contrôlé par puissances ayant gagné la Seconde Guerre mondiale
  • Dès entrée Guerre froide, ONU devient otage du conflit entre les deux blocs. Contexte l’empêche d’exercer pleinement
    • 1989, véritablement pleine de fonctions de l’ONU

L’empirisme de la bipolarité

  • Conférence de Postdam, juillet 1945 (avec Atlee et Truman à la place de Churchill et Roosevelt), suit celle de Yalta (février)
  • Arme nucléaire détenue par USA dès 1945 ; par URSS en 1949

L’unipolarité illusoire

  • Depuis 1989 et le renoncement de l’URSS. Véritable ordre unipolaire pendant cinq ans seulement. Chine à l’écart, notamment à cause des événements de Tien’Anmen ; de plus, elle veut se faire oublier… et pardonner => rien ne peut arrêter les USA
  • OTAN bombarde Serbie (allié de la Russie !) en 1994. Idem en Irak et au Moyen-Orient… à la frontière de la Russie
    • => L’opposition USA / Russie reprend… même s’il n’y a plus de confrontation des blocs
  • Six raisons :
    • mondialisation = indépendance, laquelle rend de plus en plus difficile et coûteux le choc frontal. Exemple : USA / Chine : Chine est premier financier des USA !
    • fragmentation du système international : puissances moyennes ne se sentend plus sous pression d’un camp adverse. Inutile de s’abriter sous un parapluie si aucun risque. Amérique latine a compris en premier : renoncement aux dictatures. En UE : politique étrangère pacifiste (sauf France…)
      • revanche des sociétés dans le jeu des diplomaties
      • renaissance des puissances moyennes : Allemagne, …
    • décomposition du clientélisme : ordre bipolaire avait une simplicité. Mais Tiers-monde refuse ce clientélisme
    • instabilité régionale
    • échec de la recette hégémonique : les USA n’ont pas gagné une guerre depuis 1945. Usage de la force ne les renforce pas
    • échec des alliances : quel rôle de l’OTAN ? Force de consolidation de l’USA ? Peut-on être allié sans ennemi en face ?

Les illusions de l’intervention régulatrice

  • « Devoir d’ingérence » : si un Etat est en péril => nécessité d’assistance. Premier exemple : guerre civile en Somalie. Désastre humanitaire. ONU initie opération « Restore Hope » => GI’s américains humiliés, conspués par population locale. Clinton exige retrait des troupes
    • Idem au Rwanda en 1994 : 1 million de victimes. Ignorance de la communauté internationale, qui refuse d’intervenir dans les conflits ethniques / intérieurs

Question d’étudiants

Différence mondial / international

  • International : longue histoire intellectuelle. Idée de juxtaposition des 193 Etats souverains
  • Mondial : idée tardive. Désigne : ce qui se passe dans l’espace n’est pas seulement le fait de cette juxtaposition. Ce qui échappe au contrôle des Etats => nouveau type de relation, c’est-à-dire transnationale

Intervention en Centrafrique

  • 48 interventions militaires françaises en Afrique depuis son indépendance. Jamais sans grands résultats…
  • Là où les conflits sont les plus durables et les plus puissances, l’IDH est au plus bas en Afrique

Quel bilan pour les OMD (objectifs du millénaire) ?

  • Totalement laissés de côté : famine au-delà des objectifs, etc.
  • Etats mettent l’accent sur la politique et le militaire, moins sur le social

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