Introduction aux éthiques philosophiques, Université de Genève

SEMAINE 1

Aristote dans son contexte

  • Aristote enracine son éthique dans la nature : humain, mais aussi animal et végétal

  • Ethique :

    • but de l’action : ce qui est bien = ce qui permet d’atteindre une finalité

    • toutes ces actions visent à être heureux…

  • Epicurien : bonheur = plaisir. Le modérer pour le maximiser

  • Stoïcisme : s’accepter comme on est ; ne pas rêver d’être un autre

  • Platonisme : Bien = ne correspond pas à la réalité physique telle qu’on la voit. Voir le mythe de la caverne ou le mythe de la « moitié »

  • Pour Aristote : pas de vérité en éthique, seulement approximation. On ne peut penser l’éthique comme la science

La vertu

  • = Virtuosité. Touche deux éléments de l’âme : raison pratique ET désir de l’homme

  • Deux vertus :

    • prudence : dans le sens de circonspection ; celui qui hésite cherche la bonne manière d’agir. Unité de l’ensemble de ses facultés. Prudence = moyenne (médiété) : chacn détermine le milieu entre deux excès

    • morales : désir qui, dans chaque situation, trouve par la prudence son juste milieu. Pour Platon, vertus cardinales : prudence, tempérance, force, justice

La politique et la justice

  • Etre humain = être social. Besoin des autres dans notre projet de bonheur. Amitié : recherche commune de la vertu. Justice devient donc extension de l’amitié

  • Pour qu’on puisse être libre, il faut de l’éducation. D’où passage justice => politique. Pour Aristote, il faut s’engager en politique car on s’engage alors dans un projet commun

Comment devient-on vertueux ?

  • Se poser la question du but de notre vie : désir de notre vie

  • Aristote conseille : si on veut devenir ceci, il faut s’entourer d’amis qui peuvent nous y aider ; les prendre pour guides et modèles. Corriger par une petite chose ma manière d’être

Les reprises théologiques d’Aristote

  • Grande influence sur éthiques religieuses… Pourtant, Aristote étend plutôt sa main sur la terre, contrairement à Pluton qui lève le doigt au ciel

  • D’où prolongement de sa pensée : ce que l’homme peut saisir par sa raison est vrai

  • Réforme (Luther, à Genève) : conflit sur notion du Bien

Points d’interrogation

  • Ethique aide individus à se réaliser eux-mêmes

  • Idée de modèle : exemple, code du policier, de l’enseignant, du politicien, qui doivent être modèles dans leur manière d’être avec les autres

SEMAINE 2

Une éthique des vertus est-elle possible pour les modernes ?

  • Obstacles :

    • obligation, devoir : moraliste est celui qui traite de la science du devoir. Etre éthique ne mène pas forcément au bonheur… C’est se réaliser soi-même

    • christianisme : habitue nos esprits à considérer le péché comme inclination ; de même, perspective de bonheur dans « l’au-delà » seulement

  • « Pour vivre heureux, vivons cachés » (Florian, au XVIIIe siècle) : notion très épicurienne !

Le perfectionnisme

  • John Rawls, Théorie de la justice (1971). Dit de l’éthique qu’elle est :

    • utilitarisme

    • morale déontologique ; respect des mœurs

  • Ne laisse donc aucune place à l’éthique des vertus

  • Morale / Ethique. Quelles différences ?

    • Ethique : considérée comme plus moderne, voire post-moderne. Evoque respect du devoir, du vivre-ensemble, … « Si tu veux, alors… » Fort rapport à soi : ce que je désire faire de moi-même

    • Morale plutôt prescriptive. Elle oblige, contraint… « Tu dois… »

Le souci de soi

  • Mon humanité n’est pas donnée une fois pour toutes… mais si influencée par origines, enfance, …

  • Humanité n’est pas caractère mais usage de ce caractère

  • Maximaliste : étend le plus possible le champ de l’éthique

  • Couch potato : limite de l’éthique ! Parents jugent immoral que leur enfant ne fasse rien… Veulent faire comprendre : « Si tu continues ainsi, il y aura des conséquences immorales. Si tu n’as pas souci de toi, tu pourras nuire à autrui »

  • Limite de l’éthique = limite juridique ?

Nietzsche, les vertus de Zarathoustra

  • Critique radicale de la décadence. Dénonce les « volontés faibles » = humains à qui la vie fait peur. Ceux qui ne veulent pas se dépasser, mais qui attendent que le monde s’adaptent à eux !

  • Cruauté = consiste à savoir affirmer au milieu des autres une idées originale et porteuse de sens. Cruel car on éclate le moule où l’on est inséré !

  • Force des faibles = ordre du monde imposé et à respecter

  • Surhomme = éducateur. Il créé par sa vie une œuvre d’art et inspire les autres. S’il est si puissant, c’est qu’il a cultivé des vertus : générosité, amour, indépendance, volonté de créer… Se libèrent, vivent tels qu’ils sont. Jamais autre philosophe moderne n’a porté aussi haut la notion de vertu

  • Homme = être en tension vers son propre dépassement

  • Zarathoustra = sorte de prophète du surhomme. Revient vers la ville, parle au peuple et veut lui enseigner le Surhumain. L’humain ne peut se contenter de ce qu’il est. Son sens est d’être en mouvement : il n’est pas un état de ce qu’il est. Déclin car ne doit pas demeurer lui-même : doit changer ! Doit consentir à la transformation de soi

  • Portrait du dernier homme = miroir.

Alasdair MacIntyre, se réapproprier l’éthique des vertus

  • Modernité s’est constituée sur refus d’admettre une éthique des vertus. Idée que l’individu ne dépend que de lui-même (cartésianisme, puis Nietzsche et Sartre) : il aspire à s’épanouir en société…

  • Emotivisme : sentiment comme critère du jugement moral

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André Comte-Sponville : Amour et amitié, une perspective contemporaine

  • Quatre ordres :

    • économico-technico-scientifique : neutre moralement

    • droit : doit concilier intérêts de chacun et protéger ceux qui ne sont pas en position de force ; neutralité du corps social

    • morale : suppose que l’on se reconnaisse à soi-même un devoir à ne pas dépasser certaines limites

    • éthique : vertus ; politesse, art de reconnaître une place à chacun ; bienveillance, forme de respect ordinaire et bonne inclination spontanée

  • Pour Platon, désir érotique est meilleur moteur dans la quête de Dieu

  • Ami : on aime en lui ses vertus, d’où choix de l’ami par la raison

SEMAINE 3

La révolution kantienne

  • Trois questions fondamentales selon Kant :

    • Que puis-je savoir ? > Critique de la raison pure

    • Que dois-je faire ? > Critique de la raison pratique

    • Que m’est-il permis d’espérer ? Critique de la faculté de juger

  • Nous dépendons d’une réalité qui existe en dehors de nous. Mais si nous percevions rien par nos sens, le monde n’existerait pas pour nous. Matière donnée à nos sens et notre intelligence

  • Réalité pensée par rapport à nous. Donc, appréhension du réel partielle

  • Phénomène = ce qui nous apparaît. Régi par des lois

Le fait de la raison

  • Rousseau (pratique), pour Kant, est l’une de deux grandes figures du XIXe siècle avec Hume (théorique)

  • Liberté risque d’être extrême, sans limite. Voir Lafcadio, personnage des Caves du Vatican d’André Gide : tire sur la foule sans raison ; de même, pousse un inconnu hors d’un train en marche

  • Pour Kant, se montrer libre c’est prend décision par volonté raisonnable. Raison humaine, en plus d’être principe de connaissance théorique, est une volonté d’agir. Prescrit de faire ce qui est bon… et mauvais

  • Exigeance éthique = exigeance de vouloir le bien

Le devoir et l’impératif du devoir

  • Trois impératifs selon Kant :

    • hypothétique : ce que je suis individuellement ; ce qui me différencie des autres (idiosacrasie)

    • assertorique : poursuite du bonheur ; ce que je dois faire pour… Consignes de prudence : ne pas s’endetter, trop prendre de dangers

    • catégorique : seul celui-ci est éthique. Comment dois-je faire ? Il va falloir que ce m’interdise certains comportements : ne pas faire ce qu’on ne voudrait pas qu’on nous fasse

Agir moralement : quelques exemples kantiens de l’impératif catégorique

  • L’emprunteur : une société humaine ne peut reposer que sur la confiance

  • La paresse :

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  • L’égoïsme et l’altruisme

Du mensonge de l’enthousiasme au respect de la loi

  • Paul Valéry dans « Tel Quel » : « Si le regard pouvait tuer, si le regard pouvait féconder, la rue serait pleine de cadavres et de femmes grosses »

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  • Devoir exige soumission… Mais celle-ci nous élève, nous améliore, permet la réalisation de la personnalité en nous. Ne pas confondre avec obéissance servile

Entre « pur amour » de la loi morale et « mal radical » : la voie étroite de l’éthique

  • Kant pense qu’il y a un mal radical dans la nature humaine

  • Devoir éthique exige que mon bonheur ne se fasse pas au titre de l’immoralité. Et inversement ! > tel est le mal radical

  • Les humains ne sont moraux que par hasard. Exemple : une personne A veut une chose, la personne B. Si une seule personne peut l’avoir : A va tout faire pour écarter B, qui à être malsain

Souverain bien et existence de Dieu : le sens du monde

  • Souverain bien = accord moralité et bonheur

  • Etre moral n’amène pas forcément au bonheur : les justes sont parfois malheureux !

  • Pour Kant, présence de la loi morale au cœur de la raison = prouve que Dieu existe => « postulat de la raison pratique ». S’il n’existait pas, cela signifierait que l’existence des hommes serait absurde…

Du droit de mentir : la controverse Constant / Kant

  • Péguy, 1910, au sujet de la morale kantienne : « Le kantisme a les mains pures, mais il n’a pas de mains »

  • Opposition de deux devoirs selon Constant :

    • dire la vérité. Impossible ! S’oppose à l’idée de Kant. Mentir est immoral et rend la vie sociale impossible. CONFLIT entre devoir de vérité (dire qu’on accueille un réfugié) et devoir moral (le protéger). Mais en rejetant la vérité, « la société n’en sera pas moins détruite »

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  • 1797, Constant publie : « Sur un prétendu droit de mentir par humanité »

  • Dire la vérité n’est pas le fond intentionnel de mon action mais un moyen pour nourrir nos penchants de haine…

Le regard de…

  • Volonté bonne sans restriction : le bon reste-t-il bon avec restriction ?

  • Critère d’universalisation : forme. Volonté peut être jugée bonne sans restriction que dans un contexte universel

  • Législation par la forme seul

  • Autonomie : volonté bonne hors de tous déterminisme. Le sujet se donne à lui-même une loi : obéissance choisie en fonction de son devoir

  • Ethique des vertus : recherche du bonheur de l’autre

SEMAINE 4

Filiation kantienne

  • Rien ne doit être admis qui ne soit argumenté. Attachement à l’autonomie : on doit penser par soi-même => héritage de Kant

  • Reformuler projet kantien à la lumière des enjeux contemporains :

    • critique que le système kantien repose sur la conscience… Mais celle-ci n’est pas forcément l’écho du devoir (école de Francfort)

    • puissance économique invite à repenser lien entre mondialisation et projet universaliste des Lumières

  • Le Principe responsabilité de Hans Jonas : livre de philo le plus vendu au XXe siècle !

Critique du caractère égologique de la conscience

  • Au XIXe siècle, constestation de la centralité de la conscience, qui apparaît opaque

    • économie : Marx. Estime que religion et morale traduisent intérêts bourgeois

    • philosophie : Nietsche. Comment nous écoutons la voix de notre conscience ? Conscience ne permet pas de penser de manière assurée ce qui m’est commandé moralement

    • psychanalyse : Freud. On ne peut pas fonder la morale sur la science, laquelle est seule forme possible de rationnalité

  • Conscience = reflet de soi-même mais qui n’est pas transparent

L’éthique du discours de Habermas et Otto

  • Ethique relative : chacun à la sienne (ce à quoi Kant s’oppose)

  • Intersubjectivité : Otto et Habermas font appel aux études sur le langage au XXe siècle, dont celles de Karl et Searl

    • Egalement travaux de Gadamer : langage repose sur règles. Si on ne les respecte pas, on ne sera pas compris

  • Selon Nietzsche, il n’y a pas de vérité mais que des interprétations

L’éthique de la responsabilité de Hans Jonas

  • Fragilité du monde. Effets de nos actions destructeurs, qu’elles soient volontaires ou non

  • Hans diverge de Kant : lequel veut écarter métaphysique de la morale ; Hans veut une « métaphysique minimale. « La vie veut vivre », dit-il

Repenser le politique selon Otto et Jonas

  • Démocraties : guidées souvent plus par intérêt que par devoir moral

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  • Paul Ricoeur appelle à une régénération de la vie politique. Rationnalité économique n’est pas la seule en cause (=> économie créé des richesses et nous permet d’en bénéficier, de nous intégrer dans une société de la technique et du travail)

    • MAIS autre rationnalité selon lui : le raisonnable. Lequel doit servir de contrepied au rationnel. Envahisseur de l’économique sur le politique

  • Economie repose sur la concurrence entre les êtres : or, nous avons besoin de penser une société humaine dans laquelle nous partageons les valeurs d’une identité commune

    • Autre raison : nos aspirations humaines vont plus loin que consommation, travail… Penser autres relations que celles économiques

La petite éthique de Paul Ricoeur

  • Révolte devant l’injustice. Premiers sentiments d’injustice dès notre enfance : punition, … Puis vient une estime de soi, donc une volonté de trouver une « petite éthique »

  • L’homme heureux a-t-il besoin d’amis ? Oui, répond Aristote. Admiration de quelqu’un de plus grand que nous. Autres (TU) font partie de notre projet de bonheur ; ils existent au milieu des « soi » (JE)

    • IL = institutions justes.

  • Par rapport au soi : impératif catégorique, qui considère le soi comme un autre (titre d’un ouvrage de Ricoeur) + considérer tout autre comme une fin et pas seulement comme un moyen + troisième dimension : justice subordonnée au bien, formelle au niveau de l’Etat (voir John Rowls)

  • Pesée prudentielle nous ramène à Aristote : prudence = capacité du soi à peser intérêts sur normes morales. Face à quelqu’un qui est en train de mourir, doit-on lui dire la vérité ? => d’où la pesée prudentielle

La théorie de la justice de John Rawls : le voile d’ignorance

  • Individu comme source primaire de la morale. Comment société peut faire de la liberté individuelle son principe fondateur (idée des philosophes de contrat social, comme Rousseau et Kant) ?

  • Société doit donner conception publique de la justice. Mais « voile d’ignorance » = personne ne connait sa place dans la société

  • Principe des libertés égales : les citoyens veulent s’assurer d’un maximum de liberté tout en étant égal. Liberté de voter, d’expression, de réunion, de conscience, de la propriété personnelle, …

  • Principe des différences. Inégalités acceptables, notamment économiques, uniquement si égalité des chances fonctionne, si on peut imiter les plus riches que nous

    • Selon Habermas : agissent plus en « égoïstes éclairés » qu’en personnes morales

La théorie de la justice de John Rawls : le consensus par recoupement

  • S’inscrit le plus fidèlement dans filiation kantienne

  • Trois étapes invitant le citoyen à un autre positionnement :

    • justification relative se fait sous le voile de l’ignorance

    • justification pleine et entière : citoyen comme personne morale

    • justification publique : citoyen comme politique. Accepte, sous son principe moral, les principes de justice proposés

  • Pour Habermas, ce qui est universalisable se dégage au cours de la discussion

SEMAINE 5

Naissance de l’utilitarisme

  • Personne bonne > éthique des vertus

  • Critère de l’action juste > éthique déontologique

  • Conséquences souhaitables de l’action > éthique conséquentialiste et utilitariste

  • Ethique téléologique : orientée vers un but

  • Conséquentialisme se dit : si on ne peut pas s’entendre sur la notion du bien, on va trouver une manière rationnelle et scientifique de la définir. Observation scientifique de la manière dont les gens se comportent pour viser leur bien

    • Etre téléologique sans adhérer au modèle des vertus

L’utilitarisme de Bentham

  • Pour lui, faire sa déontologie n’est pas s’abstraire de la science, mais avoir du bien une vision concrète, objective, basée sur l’observation

  • Bentham s’enracine dans tradition de Hume, sorte de Newton de la philo morale

  • Penser les choses dans l’optique que l’homme est un être de plaisir et de peine à la fois

  • Se demande différents types de peines et plaisirs :

    • plaisirs des sens, de la richesse, compétence, pouvoir, renommée, bienveillance, mémoire, imagination…

    • peine simples : les mêmes le plus souvent !

Réduire pour mieux comparer

  • Bentham estime que l’homme est un animal greedy = nous cherchons toujours à maximiser nos plaisirs !

  • Estime aussi que l’ensemble des plaisirs et des peines est commensurable. Peines peuvent êtres comparées les unes aux autres. Satisfaction identique si on enlève de la peine mais qu’on la compense par autant de plaisir, et inversement

  • Bentham ne prend en compte que les plaisirs égoïstes et souvent, aussi, les plaisirs matériels (possessions), moins les plaisirs spirituels

  • Fait de l’argent le seul critère qui compare plaisirs et peines, car le marché fixe un prix à chaque chose => Argent comme base pratique de la morale

Un modèle des Lumières

  • Utilitarisme considère que chacun individu compte pour un : il s’agit de maximiser le bien-être de tous

  • Bentham ne confond pas motif (utilitarisme sur un individu) et fondement (utilitarisme du plus grand nombre) => considérer un acte sous un œil approbateur

  • Critique de Nietzsche : reproche le caractère arbitraire de l’utilitarisme… Mais aussi que tous les individus se valent, donc qu’ils sont partie d’une masse… De fait, élite effacée : il n’existe plus de personne voulant se mettre au-dessus

La dimension politique de l’utilitarisme

  • Utilitaristes sont premiers à lutter contre peine de mort, racisme… Car considèrent que tous les hommes se valent. De même, estiment que racisme est idée fausse. Bentham suggère même qu’il ne faut pas faire de différence entre un blanc et un noir, mais aussi que les animaux ne sont pas si différents que nous

  • Prise en compte des conséquences des actes, peu importe le caractère des personnes

  • Utilitaristes estiment même que quand l’Etat intervient dans la vie quotidienne, il y a autant de peine que de plaisir. Estime donc que son intervention doit être minimale

Cas pratique

  • Qu’est-ce qu’un impôt juste ? Pour Aristote, économie ressort du champ de la justice. Parité des choses échangées. Mais dans le cas de l’impôt, le politique se mêle à l’économique

  • On l’estime juste si justice distributive : richesse des riches vers les pauvres

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