RMN Grand Palais et Orange, Picasso

Picasso, un siècle de peinture

Picasso peintre

  • En 1901, son meilleur ami, Carlos Casagemas se suicide : rupture dans l’oeuvre de Picasso, qui se met alors à peindre en bleu. Thèmes tristes, vieillesse et mort beaucoup représentée
  • 1904, nouvelle rupture : les œuvres de Picasso renaissent à la vie. « Période rose »

La période cubiste

  • 1906 : style cubiste, déjà existant avant lui. Terme apparu pour désigner une peinture de Braque. Critiques parlent d’abord de « cubisme analytique ». Pas vraiment d’abstraction car toujours présence d’un objet qui renvoie au réel

Entre classisisme et surréalisme

  • Après voyage à Rome, revient à une peinture plus réaliste, plus académique. Mais revient à la déformation des corps
  • Années 20, Picasso proche des artistes surréalistes. Exemple, tableau « Le Baiser » : amour violent, formes suggèrent la lutte… Visages peints à la fois de face et de profil : style propre à Picasso !

Interroger les maîtres, s’interroger sur soi

  • S’installe à Mougins et Paris. Réinterprète « Le Déjeuner sur l’herbe » de Manet… sous forme cubiste
  • Le tableau La Célestine est récupéré par l’État français en 1989 dans le cadre d’un échange d’œuvres : Picasso cachait cette œuvre, issue de sa période bleue, refusant de la vendre. Et si la Célestine était Picasso, comme Madame Bovary était Flaubert ?
  • Voir aussi > Chronologie des mouvements aristiques

Les demoiselles d’Avignon

  • 1907, tableau qui révolutionne l’art moderne. Peinture agressive… 9 mois de travaux préparatoires, croquis… En 1906, Picasso conscient qu’il est arrivé au bout de ses recherches picturales. Il veut frapper un grand coup face à la « concurrence » d’autres peintres alors en vogue : Degas, Matisse… Choque, y compris ses amis avant-gardistes
  • 5 femmes nues, rappellent « Le Bain turc » d’Ingres. Avait prévu d’insérer deux hommes : étudiant et marin. Référence à la rue d’Avignon à Barcelone, réputée pour ses prostituées. Avait prévu d’appeler son œuvre « Les prostituées d’Avignon »
  • Tableau longtemps caché des amateurs publics, jusqu’en 1937. Désormais exposé au Moma de New York
  • Tableau en deux parties : à gauche, on est encore dans le classique, à droite, avant-gardisme

Le primitivisme, Gauguin, Colescott

  • Jeu > Picasso et les maîtres qui l’ont inspiré

PICASSO, ARTISTE TOTAL

Les techniques de création

  • 1912 : avec son ami cubiste Braque, Picasso invente la « construction assemblage », sorte de tableau en relief. S’adonne à la sculpture entre 1915 et 1925 environ
  • Picasso a pour muse Marie-Thérèse
  • 1943 : sculpture « L’Homme au mouton », l’une de ses plus connues, fabriquée en une après-midi. Utilise du bronze… alors que c’est matière utilisée par les Allemands. Veut montrer par-là triomphe de l’art sur le nazisme
  • 4 000 céramiques (plats, assiettes, cruches…)

Le trait

  • « A 12 ans, je dessinais déjà comme Raphaël », disait Picasso. Pas faux !
  • Erotisme assumé dans le dessin, plus encore que dans la peinture. A tout essayé : fusain, encre de Chine, plume, pastel… S’adonne aussi au dessin collé
  • A une préférence pour l’eau forte : subtiles nuances de gris possibles
  • « Suite Vollard » = série de 100 estampes. Fera 2 000 estampes tout au long de sa vie

La Guenon et son petit

  • Refuse qu’on fasse le ménage chez lui : Picasso garde tout pour faire des « sculptures assemblages », surtout dès 1945. Première = tête de taureau en 1942, avec selle et guidon de vélo ! Fait d’objets du quotidiens des objets d’art
  • « La Guenon et son petit », œuvre de 1951. Figure de la maternité, sûrement hommage à sa compagne Françoise. Tête = deux petites voitures accollées, empruntées à son fils !
  • Voir aussi > Les guitares de Picasso

Influences et héritiers

  • « L’Homme au mouton » : contrairement aux apparences, pas seulement thème moderne, mais aussi antique. Y fait figurer un criophore (= homme nu portant un animal autour du cou). Sur la sculpture de Picasso, animal semble se débattre, à l’avant de l’homme
  • De la même manière que la brebis est sauvée par le berger, l’art est sauvé par ceux qui continuent à le pratiquer en dépit du danger

PICASSO ET L’AMITIE

La bande à Picasso

Rivalité amicale avec les artistes : Braque et Matisse

  • La plupart habite au Bateau Lavoir, sur la butte Montmartre, où Picasso s’installe entre 1904 et 1909. Y rencontre le douanier Rousseau, qu’il admire et dont il conservera les œuvres offertes
  • Se noue surtout d’amitié avec Braque et Matisse. Ensemble, élaborent le cubisme. Travaillent dans l’échange, les conseils : leurs œuvres se répondent et rebondissent
  • 1914 : Braque est mobilisé dans la guerre, contrairement à Picasso qui a la nationalité espagnole
  • Autre ami, mais avec plus de rivalité : Matisse, de 12 ans son aîné. Se rencontrent à Paris en 1906 chez Gertrude Stein. Conscients d’être les deux pôles opposés de l’art moderne. Resteront proches tout au long de leur vie, soit près de 50 ans !

Le cercle des poètes

  • « Le Rendez-vous des poètes », écriteau placé à l’entrée de son atelier du Bateau Lavoir. Nombreux amis poètes, dont Jaume.
  • Max Jacob, l’un de ses premiers complices français, également bohème. Soutien financier lors de sa période bleue.
  • Picasso dessine le frontispice d’Alcools, d’Apollinaire

Analyse d’oeuvre : La Vie

  • « La mort de Casagemas », 1901 : représente son ami qui a tiré sur Germaine… avant de retourner l’arme contre lui. Tableau révélé en 1965. C’est à partir de là, 1901, qu’il commence sa période bleue, couleur de la mort pour lui
  • Faute d’argent, il arrivait à Picasso de recouvrir une œuvre ancienne avec une nouvelle
  • En 1907, sous l’influence de l’art africain, il décrit des personnages à la fois de face et de profil, transgressant le principe de représentation d’un motif selon un seul point de vue.
  • Le Maquis matérialisait l’époque charnière de l’entre-deux siècles : le passage d’un Montmartre rural, avec ses moulins et ses vignes, à un Montmartre ouvert sur la modernité du XXe siècle. Investi dès les années 1890, il disparaît à partir de 1909 avec le percement de l’avenue Junot. Longtemps perçu comme un bidonville, il fut bien plus que cela.

Influences et héritiers : Matisse et Hamilton

  • « Grand nu au fauteuil rouge » de Picasso répond à une œuvre de Matisse : mais corps désarticulé, carnassier…
  • « Nu bleu », 1952, par Matisse
  • Voir aussi > Analyse des Ménines (Velasquez)

L’ENGAGEMENT POLITIQUE

Un étranger à Paris

  • « Picasso est un chic type », dit Prévert à Brassaï
  • Actu politique peu présente dans son œuvre. Mais quand elle l’est, c’est toujours un coup d’éclat, dont Guernica, lors de la guerre civile.
  • 1901, Picasso fraîchement arrivé à Paris est immédiatement surveillé à cause de son engagement anarchiste en Espagne. Il le sera tout au long de sa vie !

La période sombre de la guerre

  • Corps de femme nue n’a plus rien d’érotique, notamment dans « L’Aubade », 1942. Reprend thème classique de la belle odalisque.
  • Certaines toiles de Picasso brûlées par nazis, qui le considèrent comme artiste dégénéré

Picasso et le Parti communiste français

  • N’adhère pas à une ligne politique, mais plutôt à une communauté, à des valeurs… Rencontre Aragon au PCF
  • Picasso dessine oiseau blanc, mondialement connu pour symboliser l’idéal de paix
  • Dans « Massacre en Corée », 1951, dénonce impérialisme américain lors guerre des Corée
  • A la mort de Staline, Picasso le peint jeune… Ce qui déplaît au PCF qui regrette qu’il ne soit pas représenté en petit père des peuples
  • Art dégénéré : nazis retirent des musées d’Allemagne près de 7 000 œuvres. Parfois pour les vendre « en terre neutre » afin de se financer. De là, l’art dégénéré se fait connaître à l’international
    • Artistes juifs, Allemands trop influencés, pessimistes et dénonciateurs… sont sur la liste noire des autorités allemandes. Cinéastes plus protégés que les peintres
  • Voir aussi > Les artistes collabos, un sujet qui fâche
  • Dès l’accession au pouvoir en 1933 d’Adolf Hitler, de virulentes attaques sont sans cesse formulées contre les recherches picturales initiées dans les années 1910 par les artistes expressionnistes allemands, qu’ils appartiennent au courant Die Brücke, der Blaue Reiter ou au mouvement dada. Souhaitant s’éloigner des représentations traditionnelles de l’art, ils proposent des langages esthétiques nouveaux et variés dont certains semblent amplement s’inspirer des arts primitifs africains comme du cubisme. L’opposition entre les deux esthétiques aboutit en 1937 au décrochage des cimaises des musées nationaux allemands d’environ 16.000 œuvres d’avant-garde. Une sélection de 650 d’entre elles sont alors rassemblées à Munich, pour y être présentées lors de l’expositionEntartete Kunst, visitée par trois millions de visiteurs environ au cours d’une itinérance de quatre années en Allemagne et en Autriche.

Analyse d’une œuvre : Guernica

  • 1er mai 1937 : Picasso commence son œuvre. Apprend le massacre de Guernica par sa secrétaire qui lui apporte la presse. Veut que son œuvre soit achevée pour l’ouverture de l’Expo internationale des arts et techniques
  • Ne représente pas bombardement à proprement parler. Le feu y est symbolisé par ampoule éclatante
  • Tous personnages du tableau sont féminins, sauf les animaux
  • En mai 1937, installe Guernica dans le pavillon espagnol de l’Expo universelle de Paris, dans jardin du Trocadéro. Suscite incompréhension, même des républicains espagnols. On hésite à la retirer…
    • Pablo Picasso découvre dans les journaux toute l’horreur de la tragédie. L’artiste, qui a reçu du gouvernement espagnol une commande pour l’Exposition internationale des arts et techniques qui doit se tenir à Paris en ce mois de mai 1937, décide sur le champ d’illustrer Guernica.
  • 1939, Picasso l’offre à un musée new-yorkais. Promet qu’elle ne sera jamais exposée en Espagne tant que la liberté n’y règnera pas… mais le sera tout de même en 1981, au musée Prado de Madrid. Y est toujours !
  • Voir aussi > Analyse de la photo « Guernica bombardée », prise en 1937

Les influences : Poussin, Michel-Ange, Goya, Macuga

  • Picasso, pour Guernica, s’inspire des grands tableaux d’histoire de peintres classiques, français, espagnol et italien et polonaise (contemporaine de Picasso)

PICASSO ET LE SPECTACLE

« Toros » et saltimbanques

  • Le Picador Jaune, peint lorsque Picasso a 8 ans ! Thème : tauromachie, qui deviendra plus présent dans son œuvre dès 1930.

Le cirque

  • Cirque Fernando apprécié de Picasso comme de la plupart des artistes de l’époque. Haut lieu de Paris dans les années 1900
  • Cirque se répercute dans période rose. Hommes et femmes souvent représentées en famille. Voit en eux vagabonds, exilés comme lui, qui trouvent réconfort dans le spectacle
  • Voir aussi > Analyse du « cirque Medrano » de Fernand Léger
    • Léger explique son intérêt pour la forme circulaire : « Rien n’est aussi rond que le cirque. C’est une énorme cuvette dans laquelle se développent des formes circulaires. Ça n’arrête pas, tout s’enchaîne. La piste domine, commande, absorbe. »

Analyse d’œuvre : Le Rideau de scène de Parade

  • 10 mètres de haut sur 16 de long ! Accepte l’aide de 4 assistants, ce qui est rare chez Picasso, qui adopte alors son art à des supports très différents
  • 7 personnages qui achèvent leur repas… Mise en abyme : théâtre à l’interieur d’un cirque
  • Rideau étonnant puisque réaliste, classique, et non pas cubiste ! De même, arche et colonne en arrière plan…
  • Voir aussi > Equipo Crónica, à Bilbao : ce pop art qui œuvra contre les années franquistes

PICASSO INTIME

  • « L’œuvre qu’on fait est une façon de tenir son journal », déclarait Picasso.

Les femmes de Picasso

  • Fernande, Eva et Olga, les trois principales muses de Picasso
    • Fernande Olivier, rencontrée à Montmartre lors d’une nuit d’orage. Début de sa vie bohème… Elle participe à ses expérimentations, notamment en servant de modèle
    • Eva : nouveau coup de foudre… mais elle est déjà en couple. Picasso lui déclare sa flamme à travers des subtilités dans ses œuvres. S’installent à Montparnasse et vivent ensemble pendant la première guerre. En 1915, elle meurt d’un cancer
    • Olga

Marie-Thérèse et Dora

  • 1927, il aborde Marie-Thérèse et lui demande de servir de modèle. Elle ignore alors qui il est. Elle a 17 ans et lui 46 ! Cache cette relation à Olga…
  • Dora Maar, rencontre en 1939. Entretient une relation avec elle aussi !

Françoise et Jacqueline

  • Françoise a 21 ans et Picasso, 62 ans ! En 1948, le couple part vivre à Vallauris. Elle lui tient tête, malgré le caractère de Picasso. Symbole de jeunesse trouvée. Mère des deux derniers enfants de Picasso.
  • Jacqueline Roque, dernière compagne jusqu’à sa mort
  • Voir aussi > Picasso flouté par Fox 5

Analyse d’œuvre : Portraits de femmes

  • Années 1930, Marie-Thérèse et Dora aimées simultanément bien que très différentes

    • Marie-Thérèse : « La Lecture », peint en 1932

    • Portrait de Dora Maar, peint en 1937

  • Poses identiques, bras posés sur accoudoirs. Toutes deux représentées avec un livre en main

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