Kokoroe, tout ce que vous avez toujours voulu savoir (sans jamais le trouver)

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kokoroe-750x278Quand le savoir succombe à l’économie collaborative. Mettre en relation des passionnés prêts à partager leur violon d’Ingres et des élèves curieux d’apprendre : c’est ce que propose la plateforme Kokoroe (partage de connaissance en japonais), bien décidée à mettre à profit les atouts du numérique pour révolutionner notre rapport à l’apprentissage.

Il n’y a pas que les appartements, les voitures ou les perceuses qui se prêtent : la connaissance aussi ! Et Kokoroe entend bien faciliter ce partage à travers sa plateforme, qui s’inscrit pleinement dans la tendance du social learning et de l’#EdTech. Un peu comme Studizen, autre innovation dans le domaine du savoir, qui offre l’occasion aux étudiants de redonner vie à leurs notes de cours en les mettant en vente.

« A rebours des codes traditionnels, fondés sur le poids du diplôme, Kokoroé donne la parole aux autodidactes, dotés d’un talent et souhaitant le partager. En chacun de nous sommeille un talent, une passion, une énergie qui n’attend qu’à être partagée », explique l’équipe de Kokoroe. Et d’ajouter : « En connectant des ‘’sachants et apprenants’’ au sein d’une seule et unique plateforme, Kokoroe offre de nouvelles perspectives à des milliers de personnes partout en France en leur permettant de se rencontrer, d’apprendre et de transmettre leurs savoirs et leurs talents au travers de cours rémunérés, de façon simple et sécurisée. »

> « Pouvoir aux autodidactes »

Parce qu’il n’y a pas de petite passion, l’offre de cours est riche, variée et originale. Au milieu des traditionnels cours de musique, de langue ou d’informatique, on tombe sur des annonces quelque peu folkloriques. Comme cette jeune mère qui veut apprendre comment devenir une maman parfaite. Ou cette jeune entrepreneuse prête à faire découvrir la science du bonheur. Ou encore ce jeune homme chaud pour apprendre à cracher du feu.

Conseils donnés aux professeurs de Kokoroe.

Conseils donnés aux professeurs de Kokoroe.

Les petites annonces scotchées sur les vitrines des boulangeries ont été ringardisées par Le Bon Coin. Kokoroe est bien parti pour prendre à son tour le relais. Elle donne de la visibilité à « ses » professeurs qui, pour beaucoup, sont auto-entrepreneurs, étudiants voire professeurs en quête d’un complément de revenus. Pour assurer plus encore cette visibilité, l’équipe se charge même de photographier les nouveaux professeurs dans leur environnement de travail, au milieu de l’univers qui les passionne.

Le professeur décide du lieu où se tient le cours : chez lui-même, chez l’étudiant, dans un tiers lieu voire à distance par webcam. C’est lui, aussi, qui fixe le montant et la durée de sa prestation. Si l’élève paie effectivement le prix affiché, le professeur, lui, voit sa rémunération ponctionnée d’une commission fixe (2,50 €) et variable (10 %). Une broutille quand on sait que la plateforme nous assure une visibilité incomparable et que les acteurs plus traditionnels prélèvent jusqu’à la moitié des revenus.

> Du nouveau dans l’horizon de l’apprentissage

A l’origine de tout projet, une simple anecdote. L’étincelle qui a fait naître Kokoroe ? Une simple histoire de cours d’italien. Raphaëlle Covilette, co-fondatrice de la plateforme, cherchait à apprendre les rudiments de la langue de Dante. Plus simple qu’on ne le pense : entre les agences de soutien et les annonces de particuliers, l’offre est abondante… mais sans queue ni tête. Un comble pour cette ancienne prof chez Acadomia ! Après l’idée, le passage à l’acte : sa sœur Elise et une amie, Béatrice, se joignent à l’aventure.

Kokoroe, c’est une série de réussites. En mars 2014, le projet est conforté grâce au succès de leur campagne de financement participatif lancée sur KissKissBankBank. Puis vient aussitôt le tour des récompenses. La Banque Postale en fait son « Projet Coup de cœur », Canal + lui décerne le Prix de la Battle des Entrepreneurs et le Syntec du Numérique lui attribue le Prix des Talents du Numérique. Pour couronner le tout, Kokoroe intègre dès juillet 2014 l’incubateur Microsoft Ventures à Paris. C’est finalement au mois de mars 2015 que le service est lancé sur les rails. Pour aussitôt bénéficier d’un joli coup de pub : un reportage dans l’émission Capital ! Difficile de douter de sa réussite : l’émergence des MOOC marque déjà une rupture avec l’apprentissage traditionnel. Et l’engouement qu’ils suscitent témoignent d’une attente de la part des curieux apprenants. Kokoroe a juste à entrer dans la danse.

(Si quelqu’un a besoin des services d’un journaliste passionné… !)

Jean-Marc De Jaeger

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